Bercy exige 117 millions d'euros, une amende record dans la grande distribution, du géant E.Leclerc, l'accusant de faire pression indûment sur ses fournisseurs, a annoncé dimanche le ministère de l'Economie, qui réclamait déjà plus de 100 millions au groupe depuis l'année dernière. 

Le ministère a assigné "quatre entités du mouvement E.Leclerc - Eurelec Trading, Scabel, Galec et Acdlec - pour les pratiques commerciales abusives commises par la centrale d'achat du mouvement implantée en Belgique - Eurelec Trading", a-t-il indiqué dans un communiqué, confirmant des informations du Figaro et évoquant "une amende de 117,3 millions d'euros".

Cette assignation, sur laquelle doit maintenant se pencher la justice, porte à plus de 200 millions d'euros le montant total exigé depuis depuis un peu plus d'un an auprès de Leclerc par l'Etat, qui vise le rôle des centrales d'achat du groupe.

Ces organismes regroupent les commandes des différents magasins, jouant un rôle d'interlocuteur unique auprès des fournisseurs dont les produits sont revendus.

Une autre affaire en cours

En juin 2018, Bercy avait déjà assigné Galec, principale centrale d'achat du groupe, devant le tribunal de commerce de Paris, lui réclamant 108 millions - 25 millions d'euros d'amende et 83 millions de remboursements - pour avoir imposé des prix moins chers à une vingtaine de fournisseurs, hors des contreparties prévues par leurs contrats. La justice doit encore se prononcer.

Cette fois, à l'issue d'une enquête de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF), le ministère accuse le groupe d'avoir contourné la loi française via Eurelec, une centrale d'achat basée en Belgique et partagée avec l'allemand Rewe.

Selon Bercy, Leclerc "aurait eu recours à l'application de mesures de rétorsion fortes, pour obliger ses fournisseurs à accepter les conditions posées par Eurelec".