La chancelière allemande Angela Merkel veut trouver au cours des deux prochains mois un investisseur pour le groupe automobile Opel en détresse. Devant 2 500 ouvriers au siège de Rüsselsheim (ouest), elle a promis des aides financières permettant à cet investisseur d’assainir Opel à long terme. En revanche, elle a une nouvelle fois exclu une participation directe de l’Etat allemand.

Le nouveau délai de 60 jours accordé lundi par l’administration américaine à General Motors pour la présentation d’un concept de survie crédible sera l’occasion pour le gouvernement allemand de négocier "d’égal en égal" une solution durable avec les Américains, a ajouté la chancelière. A cet effet, Berlin créera un groupe de négociation comprenant des représentants de l’Etat fédéral, des Länder, du monde bancaire et de l’économie. Elle a aussi plaidé pour la fondation d’une société de droit européen Opel Europe, autonome de la société-mère, ce qui représente un "dur labeur" . Mais elle a mis en garde les protagonistes d’une séparation complète d’Opel de General Motors. "Nous avons besoin de GM et GM a besoin d’Opel" , a-t-elle poursuivi. La future société Opel devra reposer sur des bases solides et "non pas s’effondrer comme un château de cartes" . L’Etat est disposé à accorder des garanties fédérales à un investisseur mais, estime Mme Merkel, il n’est pas lui-même un bon entrepreneur.

Même si la majorité des employés d’Opel réclame une participation de l’Etat, les employés de Rüsselsheim n’ont pas chahuté la chancelière. Au contraire, elle a eu droit à des applaudissements chaleureux. En se rendant au siège du constructeur automobile, la chancelière a clairement montré que c’est elle-même qui s’occupera du sauvetage d’Opel.

Le problème d’Opel est qu’à ce jour, aucun des investisseurs potentiels - Daimler, BMW, VW, Toyota... - ne frappe à la porte du groupe en difficultés. Les experts automobiles allemands pensent que ces investisseurs ne bougeront pas au cours des deux prochains mois, tant qu’on ne saura pas si GM réussit à survivre aux Etats-Unis.

Enjeu électoral

Le sauvetage d’Opel est, avant les élections allemandes de septembre prochain, un enjeu électoral qui divise le gouvernement de coalition. Le vice-chancelier social-démocrate et ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, accepte, lui, une entrée de l’Etat dans le capital d’Opel. Il propose de confier 51 pc du capital d’Opel à une alliance composée de l’Etat fédéral, des quatre Länder ayant des sites de production, des concessionnaires, du personnel et du management. GM conserverait le solde de 49 pc.

Le plan social-démocrate prévoit que des Etats étrangers, comme la Belgique pour Opel Anvers, participent également, soit par des participations dans le capital, soit par des garanties de crédit. GM Europe a demandé aux Etats européens des crédits ou garanties de 3,3 milliards d’euros, dont 2,6 milliards de l’Allemagne (où Opel emploie 26 000 personnes) et 700 millions des autres pays.