La FGTB a rejeté lundi à son tour l'idée du ministre des Finances, Steven Vanackere, de rendre l'acquisition d'actions fiscalement plus intéressante afin de réorienter les sommes colossales placées sur comptes d'épargne vers le capital à risque.

Le syndicat demande des "propositions plus sérieuses" de réforme fiscale. "Appeler les citoyens et les travailleurs, qui ont déjà payé un lourd tribut en raison de la crise, à investir en Bourse ? Il faut être sérieux...", a réagi la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne. "On attend du ministre des Finances des propositions un peu plus sérieuses mais force est de constater qu'il n'en a aucune", a-t-elle ajouté, tout en demandant "une plus grande justice fiscale" dans notre pays.

Selon la responsable syndicale, ce sont les incertitudes qui règnent en matière de pouvoir d'achat et d'emploi qui incitent les Belges à épargner. "Il faut rassurer les gens par rapport à cela. Les mesures d'austérité font mal, c'est cela qui incite les gens à épargner, pour ceux qui arrivent encore à le faire".

Pour Mme Demelenne, il y a d'autres formules - par exemple un livret "C", pour "croissance", ou les bons d'Etats - à trouver que la Bourse et son jeu de grande spéculation pour canaliser l'épargne des Belges et faire en sorte qu'elle irrigue l'économie réelle.

Le sp.a s'est également opposé à la proposition de M. Vanackere. Les socialistes flamands, qui siègent au gouvernement fédéral, reconnaissent que l'épargne doit être réveillée, mais pas via des investissements comportant des risques, et certainement pas grâce à un avantage fiscal.

"Inapproprié" et "dangereux", selon Ecolo qui promeut le "Livret vert"

Ecolo a qualifié lundi d'"inappropriée" et de "dangereuse" la proposition lancée par le ministre des Finances, Steven Vanackere, de rendre l'acquisition d'actions fiscalement plus intéressante afin de réorienter les sommes placées sur des comptes d'épargne vers le capital à risque, en rappelant l'existence de l'une de ses suggestions, le "Livret Vert". La solution proposée par M. Vanackere (CD&V) est "aussi inappropriée que dangereuse", a souligné le député écologiste Georges Gilkinet, qui préside la commission des finances de la Chambre, dans un communiqué.

Selon lui, cette proposition de M. Vanackere coûterait excessivement cher, à l'heure où les finances publiques sont déjà dans le rouge. Elle ferait porter sur les épargnants des risques que, pour la plupart, ils ne sont pas à même d'assumer face à la complexité des marchés financiers. "Elle est, par sa nature généraliste, trop peu orientée vers les emplois du futur et une économie bas-carbone, sur laquelle nous devons miser. Ne faisant pas la différence entre marché primaire et secondaire, elle risque de favoriser davantage la spéculation et les effets d'aubaines que le financement de l'économie", estiment les Verts.

M. Gilkinet insiste par contre sur la formule du "Livret vert", proposée par Ecolo, et qui, selon lui, "répond à tous ses handicaps". Il s'agit, sur le modèle du Livret A français, d'obliger les banques à revenir à leur métier de base, en réinvestissant leur fonction commerciale. Il s'agit de leur imposer de proposer aux épargnants une formule d'épargne simplifiée, attractive au niveau des taux appliqués et orientée vers l'économie réelle.

Par cette formule, on pourrait injecter rapidement des dizaines de milliards d'euros dans l'économie belge et dans la création d'emplois, pour la construction ou la rénovation de logements à haute efficacité énergétique, pour le financement des investissements des PME ou des collectivités locales, fait valoir le député Ecolo.

Les réactions: entre le "non" à "pourquoi pas autre chose"

La suggestion du ministre des Finances, Steven Vanackere, de rendre l'acquisition d'actions fiscalement plus intéressante afin de réorienter les sommes colossales placées par les Belges sur des comptes d'épargne vers le capital à risque a provoqué lundi son lot de réactions, allant de l'opposition pure et simple des socialistes flamands à la résurgence de propositions alternatives. Cette question n'a pas été discutée au sein du gouvernement, a assuré la vice-Première ministre Joëlle Milquet (cdH).

Elle a rappelé que le gouvernement avait demandé à la Banque nationale de Belgique (BNB) d'étudier des formules permettant une "rémunération plus intelligente de l'épargne" - très importante détenue par les Belges - pour favoriser des investissements dans l'économie réelle, "tout en protégeant l'épargnant". La BNB doit rendre ses conclusions dans les prochaines semaines, a ajouté Mme Milquet.

Le sp.a a pour sa part, par la voix de la députée Karin Termmerman citée par le journal 'De Morgen', dit son opposition au souhait de M. Vanackere (CD&V) de défiscaliser le capital à risque pour améliorer le financement des entreprises. Les socialistes flamands, qui siègent au gouvernement fédéral, reconnaissent que cette épargne doit être réveillée, mais pas via des investissements comportant des risques, et certainement pas grâce à un avantage fiscal.

"Vanackere a un raisonnement un peu tortueux. Le gouvernement a relevé le précompte mobilier à 25%, soit un petit glissement de la fiscalité sur le travail vers celle sur le capital. Le but est-il maintenant de faire marche arrière? Et où devons-nous aller chercher l'argent pour cet effort? ", a commenté Mme Termmerman.

Toujours du côté socialiste, mais francophone, la dépûtée fédérale Christiane Vienne, a rappelé qu'elle avait déposé au nom du PS une proposition de loi visant à instaurer un "livret B" semblable au "livret A" français pour favoriser l'investissement dans l'économie réelle. "Dont les taux seraient calqués sur les intérêts notionnels, pour donner un rendement équivalent", a-t-elle expliqué.

La parlementaire socialiste souhaite que le livret B soit accessible à tous, majeurs comme mineurs, pour un maximum de 25.000 euros par compte, sachant que chaque épargnant ne pourrait disposer que d'un compte au plus. Elle justifie ce plafond par la nécessité d'en faire un outil populaire et d'autoriser un encours supportable en lien avec l'épargne totale disponible en Belgique, estimée à quelque 230 milliards d'euros.

L'argent récolté devra servir, exclusivement, à l'octroi de crédits pour les PME, les indépendants et les ménages (investissements immobiliers...) Les sommes non utilisées seront le cas échéant versées à un "Fonds fédéral d'économie réelle" qui soutiendra des projets d'investissements d'envergure via des prêts de type "projects bonds". A cet égard, tout investissement financier spéculatif sera exclu.

La proposition de Mme Vienne prévoit une garantie de l'intérêt et du capital. Dans l'opposition, Ecolo a qualifié lundi d'"inappropriée" et de "dangereuse" la proposition lancée par le grand argentier, en rappelant l'existence de l'une de ses suggestions, le "Livret Vert". La solution proposée par M. Vanackere est "aussi inappropriée que dangereuse", a souligné le député écologiste Georges Gilkinet, qui préside la commission des finances de la Chambre, dans un communiqué.

Selon lui, cette proposition de M. Vanackere coûterait excessivement cher, à l'heure où les finances publiques sont déjà dans le rouge. Elle ferait porter sur les épargnants des risques que, pour la plupart, ils ne sont pas à même d'assumer face à la complexité des marchés financiers. "Elle est, par sa nature généraliste, trop peu orientée vers les emplois du futur et une économie bas-carbone, sur laquelle nous devons miser. Ne faisant pas la différence entre marché primaire et secondaire, elle risque de favoriser davantage la spéculation et les effets d'aubaines que le financement de l'économie", estiment les Verts.

M. Gilkinet insiste par contre sur la formule du "Livret vert", proposée par Ecolo, et qui, selon lui, "répond à tous ses handicaps". Il s'agit, sur le modèle du Livret A français, d'obliger les banques à revenir à leur métier de base, en réinvestissant leur fonction commerciale. Il s'agit de leur imposer de proposer aux épargnants une formule d'épargne simplifiée, attractive au niveau des taux appliqués et orientée vers l'économie réelle.

Dans le camp syndical, la FGTB a aussi rejeté lundi à son tour l'idée du ministre des Finances. La secrétaire générale du syndicat socialiste, a réclamé des "propositions plus sérieuses" de réforme fiscale.