"Voici notre vision la plus claire de l’avenir de l’ordinateur”. Sur une musique pompière et un feu d’applaudissements nourris, c’est en ces termes que Tim Cook, CEO d’Apple, a introduit le nouvel iPad. D’un genre et d’un… calibre encore jamais expérimentés par la Pomme, l’iPad Pro étire son écran sur 12,9 pouces, plutôt que les 9,7 pouces de l’iPad classique. Mû par un processeur dopé aux amphétamines (la puce toute neuve A9X, dont Apple a surtout vanté les mérites graphiques), l’iPad Pro voit son aspect audio rehaussé par la présence de quatre haut-parleurs. Surtout, il s’accompagne d’accessoires tels qu’un stylet (l’Apple Pencil) et une housse-clavier “jamais vue”. Enfin, jamais vue chez Apple… Sans être trop sévères, c’est une grande Surface de Microsoft avec un Smart Pen signé Samsung qu’Apple a décoché mercredi soir…À des tarifs pour le moins coquets : l’iPad Pro ne coûtera pas moins de 799 $ (donc, 799 € minimum) en version 32 Go. Sans le stylet et le clavier détachable, facturés séparément à 99 $ et 169 $… Sortie le 25 novembre.

Bouger ses pions sur le secteur des tablettes était devenu urgent pour Apple. Tout d’abord, parce que c’est un marché en inquiétante régression. Il y a deux ans, Apple écoulait 30 millions d’iPad en un trimestre. La Pomme n’est, aujourd’hui, pas loin de passer sous la barre des 10 millions. Apple vend toujours plus de tablettes que de Mac, mais gagne beaucoup plus d’argent avec ses Mac qu’avec ses iPad… L’iPad Pro, qui pourrait se faire une place en entreprises, devrait resserrer les liens entre les deux catégories.

En revanche, s’il est un produit qui explose tous les records, et draine à lui seul 60 % des revenus de la Pomme de Cupertino, c’est évidemment l’iPhone. Le smartphone est passé, mercredi, au relooking. Un petit, de demi-vie. Les iPhone 6 et 6 Plus deviennent, comme annoncé, 6S et 6S Plus. Sur le plan esthétique, aucun changement, mis à part l’introduction du coloris girly rose gold, destiné à séduire la gent féminine et la Chine. À l’intérieur, du mouvement, mais nulle révolution. Tout le monde pronostiquait l’implémentation de la technolgie Force Touch dans l’écran, capable de distinguer différents niveaux de pression du doigt de l’utilisateur. Elle est bien là, mais sous un autre nom : 3D Touch. Avec elle, Apple, peu ou prou inventeur du langage tactile avec l’iPhone en 2007, entend développer, si pas une nouvelle langue, à tout le moins un énième dialecte. Côté photo, le pronostic était exact également : le bloc principal monte à 12 Mégapixels, une première chez Apple. Le travail sur le traitement des couleurs semble impressionnant, mais on attendra de juger sur pièces. Ce capteur est également capable de filmer en 4K. La caméra frontale, elle, rattrape enfin son retard en passant à 5 Mégapixels.

Les iPhone 6S et 6S Plus sortiront le 25 septembre dans les marchés clés d’Apple (donc, pas la Belgique, qui devra patienter, et n’aura pas d’iPhone 6S pour l’ouverture de son premier Apple Store le 19 septembre). On retiendra qu’ils comblent un certain retard sur une concurrence Android passée depuis longtemps loin devant Apple sur le plan de l’innovation. Mais pas du hype : l’iPhone 6S est le seul smartphone qui ose s’afficher à 749 € (sur l’Apple Store français) alors qu’il ne propose toujours que 16 Go de mémoire (à ce tarif-là, la note monte pour les modèles 64 et 128 Go) sans possibilité d’extension.

En même temps, tant que ça se vend… Et fichtrement bien, qui plus est.



L'Apple TV, "futur de la télévision" ?

Apple, qui a multiplié les “Amazing" ce mercredi soir a toujours eu le sens de l’emphase. On a pu le vérifier lorsque Tom Cook a présenté “le futur de la télévision”, avec la nouvelle verson du boîtier Apple TV. Qui ne fait rien de plus qu’une télé connectée récente… Doté d’un véritable système d’exploitation (tvOS, le quatrième de la firme après OSX, iOS et watchOS), l’Apple TV peut désormais télécharger des apps, lancer des jeux vidéo, etc. L’assistant vocal Siri y est profondément intégré et permettra, notamment, de lancer des requetes vocales du style “avance de 3 minutes”ou “trouve-moi le dernier film de Di Caprio”.

L’interface est épurée, et la télécommande, qui intègre un micro, des boutons physiques et un pavé tactile, semble ergonomique. En revanche, point de gestion de la 4K/UHD… Pour un produit qui sort fin 2015, de la part d’une firme qui prétend avoir l’innovation dans son ADN, c’est curieux. L’Apple TV, puisqu’il monte en gamme, monte aussi en tarifs : il sortira en octobre en Belgique, et coûtera minimum 149 €, dans sa version 32 Go.