Entreprises & Start-up Après le Luxembourg, cette start-up a lancé son "assistant personnel intelligent" à Bruxelles.

Une paire de lunettes. Voilà ce que propose Supermiro aux utilisateurs de son site et de son application mobile. Dans le langage populaire, quand on est "complètement miro", c’est qu’on ne voit pas grand-chose. Une sorte de brouillard épais qui empêcherait au "miro" de découvrir tout ce qui se passe, se fait ou s’organise dans son entourage le plus direct. Et ce, même quand on vit à Luxembourg, ville (injustement ?) réputée pour son ennui profond en dehors des heures de boulot et de sommeil… "Ce qui n’est pas vrai ! Il suffit d’ouvrir les yeux", tranche Elfy Pins, fondatrice et Chief Entertainement Officer de Supermiro.

Cette Française de 34 ans, qui a vécu à Paris, New York et Milan, a débarqué au Grand-Duché en 2011 "par amour". Elle y fait assez rapidement la découverte de lieux de sortie sympas et atypiques. "J’ai commencé à partager mes bons plans avec des amis qui prétendaient qu’il n’y avait rien à faire à Luxembourg". Avec l’aide de Christophe, qui deviendra son "informagicien" (les dix membres de la start-up portent chacun un titre ludique), elle finit par créer, en janvier 2015, un site Internet où elle délivre ses bons plans (avec un soin tout particulier apporté à l’illustration graphique). "Au bout de six mois, sans avoir dépensé un euro de marketing, on comptait 10 000 utilisateurs actifs, soit un taux de pénétration de 10 % sur la ville de Luxembourg. Là, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire".

L’aventure va alors prendre une tournure plus entrepreneuriale et technologique. Pour se démarquer des agendas, répertoires et autres événements créés sur Facebook, l’équipe de Supermiro va développer un outil de "crawling" (un logiciel qui permet de parcourir le contenu de sites et de blogs à la façon d’un moteur de recherche) et un algorithme ("Vorax") capable d’absorber, de digérer et de restituer des milliers d’informations provenant de très nombreuses sources. "Cela permet d’obtenir une grande mixité de contenus (restos, expos, concerts, activités ludiques,…) géolocalisés". Aujourd’hui, grâce à l’intelligence artificielle et au machine learning, Supermiro peut tirer profit des choix opérés par tout usager - en mode "Découvre" ou "Cherche" - pour personnaliser les recommandations (lesquelles s’adaptent en permanence en fonction de la localisation et, même, des conditions météo !).

Fort du succès à Luxembourg (taux de pénétration de 42 % auprès des 20-45 ans) et d’une première levée de fonds de 800 000 euros, Supermiro s’est lancé à Bruxelles en janvier, avec une application disponible en trois langues. "En avril, on était entre 17 et 18 000 utilisateurs actifs, 4 000 événements proposés sur le mois et 700 bonnes adresses. On vise les 50 000 utilisateurs dans les prochains mois", confie Elfy Pins. La cible suivante est déjà connue : ce sera Paris et les villes françaises de plus de 100 000 habitants.

Gratuits pour les utilisateurs, le site et l’application se financent auprès d’annonceurs et de sponsors. "Nos revenus s’élèvent déjà à plusieurs centaines de milliers d’euros, se limite à dire la CEO de Supermiro. On a portefeuille de 67 marques. Si ça se passe bien à Bruxelles, on atteindra l’équilibre".


18 000

Utilisateurs actifs sur Bruxelles

En quatre mois de présence à Bruxelles, le site et l’application mobile Supermiro a rassemblé "entre 17 et 18 000" utilisateurs actifs.