Après le Greenwashing, le Smartwashing ?

Après le Greenwashing, le Smartwashing ?
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Entreprises & Start-up

Madeleine Dembour

Publié le - Mis à jour le

Après le Greenwashing qui consiste à mettre un vernis vert et environnemental sur des actions mais sans réelle stratégie en profondeur, une des dérives possibles du mouvement Smart City serait-elle le Smartwashing ?

C’était le 8 décembre dernier. Le Wex organisait le premier congrès-salon Smart Cities à l’intention des mandataires et acteurs publics wallons. Première intervenante de la journée, il revint à Nathalie Crutzen d’introduire les débats. En tant que Directrice du Smart City Institute et professeur de stratégie et développement durable à HEC Liège - Ecole de gestion de l’Université de Liège, il lui était demandé d’introduire le concept : qu’est-ce qu’une Smart City ?
Après avoir présenté rapidement les définitions données par les scientifiques, Nathalie Crutzen donna une « vue hélicoptère » des champs d’actions des villes intelligentes, avec un focus particulier sur les dérives possibles. C’est là que survint le terme « Smartwashing ».
L’oratrice de s’interroger, en effet : « après le Greenwashing qui consiste, pour certaines entreprises et organisations, à mettre un vernis vert et environnemental sur toutes leurs actions mais sans réelle stratégie en profondeur, une des dérives possibles du mouvement Smart City est en effet le Smartwashing. Sous prétexte d’avoir envie de faire partie d’un mouvement ‘tendance’, on accole l’étiquette Smart à toutes une série d’initiatives mais sans qu’il y ait une réelle stratégie derrière ».
Nous avons voulu aller plus loin sur le sujet avec Nathalie Crutzen.

Vous évoquez le Smartwashing, est-ce une dérive que vous constatez dans les faits ?
Attention, je ne voudrais surtout pas que ce terme de Smartwashing que j’ai avancé fasse de l’ombre au concept de Smart City, qui est un concept fondamentalement porteur de progrès dans une stratégie de développement durable ! Le concept Smart City est formidable, c’est d’ailleurs pour cela que je m’engage professionnellement à le promouvoir !
Mais il faut accorder de l’attention à certains points, notamment le respect de la vie privée dans un environnement où règne de plus en plus le ’Big Data’, le risque de fracture numérique, la faillibilité des systèmes informatiques etc.

Auriez-vous un exemple d’une ville Smart qui pourrait nous inspirer en Wallonie ?
Aucune ville dans le monde n’est Smart à 100%. C’est un concept vers lequel il faut TENDRE, mais on ne peut jamais dire qu’on y est. L’univers des Smart cities regroupe en fait 3 composantes : la technologie, la gouvernance et la composante humaine. Tout projet Smart doit pouvoir servir l’humain sinon cela ne sert à rien. On a pas mal d’exemples de technologies qui n’apportent rien aux citoyens. Si une technologie n’a pas de sens pour les citoyens, c’est un gadget.

Dans votre présentation, vous mettez en avant Montréal, c’est un bon exemple ?
Il y a différents points d’entrée pour tendre vers la Smart city. Montréal a choisi d’y entrer via la créativité, le facteur humain donc. Des villes comme Singapour ou Barcelone ont pris la technologie comme point d’entrée. On ne peut pas demander à une ville d’être au top sur les trois aspects en même temps : techno, gouvernance et humain. Chaque ville a ses spécificités et peut mener une stratégie Smart en se positionnant en fonction de celles-ci. La recette n’est pas unique. C’est ça qui est passionnant !

© Nathalie Crutzen

Nathalie Crutzen : Le concept de Smart City est fondamentalement porteur de progrès dans une stratégie de développement durable

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