L'ensemble des usines Cockerill Sambre de Liège était à l'arrêt jeudi ou devait l'être sous peu, a confirmé Jean-Luc Rader, délégué syndical de la FGTB Métal, à l'Agence Belga.

Cette décision des métallos de Cockerill fait suite à l'annonce, le même jour, de la décision de la direction d'Arcelor de suspendre une convention collective de travail (CCT) fraîchement signée et qui comprenait notamment le paiement d'une prime de 600 euros bruts que les ouvriers devaient percevoir début décembre.

La semaine dernière, les partenaires sociaux ouvriers de Cockerill Sambre avaient conclu une convention collective incluant notamment une clause de paix sociale qui, selon la direction d'Arcelor, est déjà remise en cause dans les faits.

L'interrégionale FGTB Liège-Huy-Waremme a en effet décidé d'organiser vendredi une concentration à Liège, soutenue par une grève de 24 heures pour justifier la présence des travailleurs à cette concentration. La décision des syndicats de Cockerill Sambre de décréter une grève de 24 heures a suscité le ras-le-bol de la direction d'Arcelor, qui a décidé de suspendre l'application de la convention collective prévoyant notamment le paiement d'une prime de 600 euros bruts.

«L'encre de cette convention collective de travail, qui inclut un accord de paix sociale, n'est pas encore sèche et déjà, elle est remise en cause dans les faits », a expliqué Etienne Botton au nom du groupe sidérurgique.

«L'application de cette convention vient donc d'être suspendue. Mais elle sera de nouveau d'application si les lignes tournent effectivement ce vendredi », a-t-il ajouté.

Du côté syndical, la réaction a été immédiate. «Tout Cockerill est à l'arrêt ou sera à l'arrêt dans les heures qui suivent. Il en sera ainsi tant que la direction ne sera pas revenue sur sa décision », a annoncé Jean-Luc Rader.

Arcelor regrette cette décision syndicale, en rappelant dans la foulée que l'entreprise est en voie de réaliser son défi consistant à atteindre le même niveau de performances que celui des autres sites du groupe dans les entités qui ne fermeront pas en 2009.

Tant Arcelor que les ouvriers semblent actuellement déterminés à camper sur leurs positions respectives.