Le géant sidérurgique ArcelorMittal et le sidérurgiste italien Ilva sous administration judiciaire ont signé mercredi un avenant à l'accord de reprise d'Ilva, comportant un nouveau plan industriel avec des investissements dans des technologies bas carbone. Il s'agit d'une nouvelle étape vers la conclusion positive de la reprise d'Ilva, plusieurs facettes de l'affaire devant encore être réglées d'ici à mai 2022, notamment en matière sociale et environnementale.

Le plan de reprise d'Ilva avait été conclu fin 2018, avec en jeu près de 11.000 salariés dont 8.200 à Tarente (Pouilles, sud), l'un des sites parmi les plus pollués en Europe. Mais ArcelorMittal avait annoncé début novembre son intention de se retirer, invoquant la perte d'une protection légale contre des possibles poursuites liées à l'environnement et des décisions de justice entraînant la fermeture de hauts-fourneaux à Tarente.

Parallèlement à l'accord sur un nouveau plan de reprise, ArcelorMittal et les administrateurs d'Ilva ont conclu un accord séparé par lequel ils mettent fin à leur contentieux en justice, indique le groupe sidérurgique dans un communiqué.

ArcelorMittal renonce à sa demande de retrait de l'accord initial et les administrateurs d'Ilva à leur mise en demeure.

L'amendement à l'accord de reprise d'Ilva par ArcelorMittal intervenu fin 2018 "présente les termes d'un investissement significatif de sociétés publiques" italiennes dans AM InvestCo, le consortium mené par ArcelorMittal, indique le groupe sidérurgique dans un communiqué. Cet accord forme "la base d'un important nouveau partenariat entre ArcelorMittal et le gouvernement italien", poursuit-il.

L'investissement du gouvernement italien interviendra le 30 novembre prochain. S'il n'était pas exécuté à cette date, ArcelorMittal aurait un droit de retrait, moyennant une indemnité.

Du côté industriel, le nouveau plan prévoit la construction d'une unité de production d'acier par réduction directe (DRI) qui sera financée et exploitée par une société extérieure et d'un four électrique (EAF) qui sera construit par AM InvestCo.

Plusieurs syndicats italiens se sont montrés critiques au sujet de ce pré-accord, estimant "que la stratégie du gouvernement n'était absolument pas claire concernant la dépollution, les perspectives industrielles et en terme d'emploi du groupe. A cette incertitude s'ajoute une totale inconnue sur la volonté des investisseurs, à commencer par ArcelorMittal, concernant leur engagement financier dans la nouvelle compagnie".

Ils dénoncent également une augmentation des salariés au chômage technique.

La conclusion de l'accord de reprise d'Ilva est maintenant prévue en mai 2022, soumise à différentes conditions, selon le communiqué d'ArcelorMittal.