Dur, dur pour le gouvernement wallon et son ministre de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS)... En effet, les ministres les plus importants de l’exécutif régional ont rencontré hier le top d’ArcelorMittal Europe. Sans grand succès... A la table des (non-)négociations, on trouvait du côté du géant sidérugique : Robrecht Himpe (notre photo), CEO du secteur plat carbone pour l’Europe (secteur dont dépend le site liégeois), Henri Blaffart, directeur des ressources humaines, et Jacques Pélerin, responsable du groupe pour la Wallonie.

Plusieurs sources concordantes nous ont confirmé hier soir que Robrecht Himpe s’était montré très clair avec les représentants de la Région : non, le groupe ne veut pas vendre ses hauts-fourneaux (HF) liégeois (en gros, la phase à chaud); oui, il veut les arrêter. Autrement dit, le rachat par les caisses publiques régionales et la relance d’un haut-fourneau à Liège sont un pur fantasme.

Très sévère, le CEO pour l’Europe a également fait savoir que, quand bien même le groupe serait vendeur de la phase à chaud, le prix d’achat serait impayable : 1 milliard d’euros... Soit la valeur des installations à laquelle il convient d’ajouter le passif social de l’entreprise et le coût environnemental d’une dépollution. Quant à la phase à froid, elle n’est pas plus à vendre.

Mais le plus dur est à venir... Lors de cette réunion ArcelorMittal-Wallonie, la multinationale a également fait savoir qu’elle n’achèterait jamais la fonte sortie d’un haut-fourneau réquisitionné par les autorités publiques et qu’elle donnerait une consigne identique à tous ses sous-traitants. Ainsi, le groupe indien atomise la viabilité économique d’un petit sidérugiste indépendant créé en région liégeoise grâce aux deniers publics régionaux.

Enfin, toujours selon nos informations, ArcelorMittal a adressé un ultimatum à la Région wallonne : la procédure liée aux négociations sociales sur la fermeture de la ligne à chaud doit aboutir vendredi. Sinon, le plan d’investissements de 138 millions d’euros destiné à moderniser la phase à froid principautaire sera à nouveau mis en balance... Ainsi, doit-on ajouter, que les 10 000 emplois indirects qui dépendent d’ArcelorMittal à Liège.

Enfin, les autorités représentant le géant de l’acier ont également dénoncé l’attitude dans ces négociations sociales de certains représentants de la FGTB-Métal. Les représentants d’ArcelorMittal ont également déploré l’attitude du gouvernement wallon qui a laissé croire pendant plusieurs semaines qu’un sauvetage de la phase à chaud liégeoise était une piste réaliste pour sauver la sidérurgie "intégrée" à Liège.

Prochaine étape dans ce dossier hyper sensible à moins de trois semaines des élections : la rencontre ce mardi matin entre le gouvernement et les syndicats. On imagine que Jean-Claude Marcourt et ses collègues devront leur expliquer que la phase à chaud est définitement enterrée et les exhorter à trouver un accord social pour la fin de la semaine.