Une semaine après avoir annoncé son plan mondial de départs volontaires visant à se séparer de 9 000 travailleurs (dont 6 000 en Europe), ArcelorMittal a informé lundi les travailleurs belges de l’impact de la mesure. Le groupe prévoit ainsi de supprimer quelque 800 emplois sur un total d’environ 15 000 salariés en Belgique. "C’est la contribution des sites belges à la décision difficile du groupe en réponse aux défis économiques sans précédent auxquels sont confrontés l’industrie sidérurgique et d’autres secteurs", explique André Leclercq, vice-président des services partagés d’ArcelorMittal. La mesure s’appliquera aux travailleurs non affectés à la production, en particulier ceux des départements vente et des services généraux et administratifs. Le désengagement se fera via des prépensions, des départs volontaires ou à la retraite. Des Contrats à durée déterminée (CDD) ne seront pas renouvelés. A Liège, le groupe va supprimer environ 350 emplois contre 215 à Gand. Les quelque 200 suppressions d’emplois se feront à Charleroi (Carinox, Industeel, la décaperie de la praye), à Genk et dans les petites entreprises satellites. "Nous allons réagir. Nous refusons tout autre départ de l’entreprise que des prépensions", dit Egidio Di Panfilo, nouveau secrétaire du Setca Liège-Huy-Waremme. Même ton de fermeté du côté de la CSC-Métal. "Nous ne pouvons soutenir ces mesures du groupe, mais nous privilégions une réaction coordonnée avec les autres syndicats", renchérit Jordan Atanasov (CSC-Métal Liège-Huy-Waremme). Déplorant la "mauvaise nouvelle", le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS) demande le maintien du centre décisionnel du groupe en Wallonie. "La crise est un prétexte, puisque les travailleurs ciblés sont essentiellement des cadres et employés administratifs. Mittal profite de la crise pour réaliser la restructuration qu’il avait promis de ne pas faire lors du rachat d’Arcelor", s’insurge la CNE.

ArcelorMittal entend réaliser rapidement son plan de suppressions d’emploi. Les candidats au départ doivent se faire vite connaître. Il promet six mois de primes (en plus du préavis normal) à ceux qui feront connaître leur décision de départ avant le 27février. Ceux qui le feront après n’obtiendront que trois mois de préavis. "L’attitude d’ArcelorMittal est scandaleuse. Comme c’est le travailleur qui présente sa démission, il risque d’avoir une suspension de l’Onem (chômage) qui peut aller jusqu’à plusieurs semaines, il risque de perdre beaucoup plus que les primes", analyse Eric Cop, président de la délégation syndicale chez ArcelorMittal à Liège.

En ce qui concerne les quotas de CO2 octroyés à ArcelorMittal dont certains réclament la rétrocession, le ministre wallon de l’Environnement, Benoît Lutgen (CDH) répond qu’il "n’en est pas question pour l’instant", le groupe a reçu un quota largement insuffisant par rapport à ses besoins", soit 700 000 tonnes.