Le site d’une société hollandaise promet un rendement minimum de 11 % par an, évoquant même un rendement historique de 17,50 % pour son produit phare, qualifié d’ "investissement solide avec un rendement très important". La mise minimum est de 200000 dollars et le jackpot est uniquement réservé aux personnes de plus de 75 ans. Est-ce trop beau pour être vrai ?

Les autorités belges commencent en tout cas à s’intéresser à ce produit proposé par une société de droit néerlandais et commercialisé en Belgique par des courtiers.

D’autant que le produit est compliqué à souhait et implique des transferts de fonds vers les Etats-Unis.

Le contrat proposé par des courtiers est à première vue un contrat d’assurance-vie de branche 23, avec des clauses en cas de vie ou de décès du preneur d’assurance. Jusque-là, tout est relativement simple.

Ensuite, cela devient de plus en plus nébuleux. Les sommes souscrites doivent en effet être versées - en dollars - sur un compte ouvert auprès d’une banque américaine au nom d’un trust établi en Floride.

Pourquoi ? L’assurance risque décès du contrat est en effet conclue sur la vie d’un assuré américain. Comme le client belge n’est pas, par définition, citoyen américain, il cède ses droits à ce trust.

Le contrat prévoit bien que l’assuré récupère sa mise de départ en plus des intérêts en cas de vie.

Mais il n’en suscite pas moins quelques interrogations, puisque le fonds est le propriétaire économique d’une assurance risque décès pouvant lui rapporter plusieurs millions de dollars

A se demander comment une mise de départ de 200000 dollars peut permettre à ce trust de couvrir un risque décès de 5 millions de dollars, qui reviennent donc au trust et non à l’assuré.

Bref, ce montage financier suscite pas mal d’interrogations dans les milieux financiers. D’autant que, selon nos informations, les courtiers commercialisant ces produits bien peu transparents ont, aussi, commercialisé des produits Master-Finance présentés comme étant à capital garanti, alors qu’ils ne l’étaient pas.

Jusqu’à présent, une cinquantaine de personnes ont contacté Deminor, un cabinet de conseils aux investisseurs, à propos de Master-Finance. En cause, bien souvent, les produits d’assurance garantis qui étaient en fait investis dans des produits très risqués.

D’aucuns se demandent aussi comment des courtiers peuvent proposer des produits aussi compliqués et alambiqués que le contrat d’assurance "américain", dont il est quasiment impossible pour un client normalement constitué d’en connaître les tenants et aboutissants. Des professionnels du secteur suggèrent que la commission doit être particulièrement élevée.

Master Finance était aussi très généreuse pour ses courtiers (LLB du 5 février 2009). Selon nos informations, les commissions des courtiers belges étaient bien payées au Luxembourg, soit sur compte, soit en cash.

De quoi, sans doute, susciter l’intérêt de l’administration fiscale