"KPMG UK confirme que Bill Michael, son président et associé senior, a démissionné et quitte l'entreprise à la fin de ce mois", selon un communiqué.

Le groupe a nommé Bina Mehta comme nouvelle présidente pour le Royaume-Uni et Mary O'Connor comme associée senior.

Il s'agit des premières femmes à accéder à ces niveaux de responsabilité au cours des 150 ans d'histoire du cabinet.

M. Michael s'est déjà mis en retrait plus tôt cette semaine à la suite d'une enquête diligentée par le groupe et avait présenté ses excuses.

Mais il a été contraint finalement de quitter son poste en raison de cette polémique autour de ses déclarations née à la suite d'un article du Financial Times.

"J'aime le groupe et je suis vraiment désolé que mes paroles aient fait du mal à mes collègues et de l'impact que les événements de cette semaine ont eu sur eux", déclare M. Michael, dans le communiqué.

"De ce fait, je considère que ma position est intenable et j'ai décidé de quitter le groupe", complète-t-il.

Le quotidien des affaires évoquait une réunion virtuelle de KPMG lundi à laquelle participait 1.500 salariés et qui portait sur l'impact de la pandémie sur les conditions de travail.

Selon deux d'entre eux, cités anonymement par le Financial Times, Bill Michael a demandé aux salariés d'"arrêter de se plaindre" et de ne pas "jouer la carte de la victime".

Des salariés avaient au préalable partagé leurs inquiétudes sur une possible baisse de leurs salaires et bonus, ainsi que sur la manière dont KPMG mesure la performance, en classant chaque individu d'une équipe du meilleur au moins bon.

L'incident a eu lieu après la publication la semaine dernière des résultats annuels (achevés fin septembre) du cabinet d'audit au Royaume-Uni, qui emploie près de 16.000 personnes dans le pays.

Ils montraient que ses 582 associés ont vu leur salaire reculer de 11% à 572.000 livres sur l'année en moyenne, une mesure destinée selon le groupe à faire des économies et à protéger des emplois.

M. Michael, qui était président depuis trois ans, a lui vu sa rémunération baisser de 14%, à 1,7 million de livres.

KPMG est, aux cotés de PwC, EY et Deloitte, l'un des quatre grands cabinets qui dominent le marché de l'audit et sont surnommés le "Big Four".

Mais la réputation du secteur a été ternie au Royaume-Uni par une série de scandales comptables ces dernières années, si bien que le gouvernement s'apprête à annoncer des réformes pour créer plus de concurrence et éviter les conflits d'intérêts.