Il y a dix ans déjà, un groupe de spécialistes du monde associatif mettait sur pied une ASBL dans le but de mettre surpied une éthique dans la récolte de fonds. Depuis, l'AERF (www.vef-aerf.be), Association pour une éthique dans la récolte de fonds, a fait du bon boulot. Elle a élaboré un code d'éthique, et même défini des exigences de transparence dépassant celles de la nouvelle loi sur les ASBL. Les 125 membres que compte aujourd'hui l'AERF bénéficient en contrepartie d'un véritable syndicat représentatif du secteur. Ce qui n'empêchera pas l'association de diffuser le mois prochain sur son site Internet la liste de ses membres qui ne respectent pas les standards en matière de transparence. "Elles auront alors 12 mois pour se mettre en ordre à cet égard", nous explique le président sortant de l'AERF, Erik Todts. Une mise en demeure réfléchie qui est l'aboutissement d'un long travail de réforme des objectifs de l'association. "On s'est remis en question, et on a notamment supprimé les contraintes trop coûteuses que nous voulions imposer aux associations. Mais on est parfois déçu pour le reste. On insiste par exemple sur la qualité de l'information à fournir aux donateurs. Mais dans la pratique, ces derniers ne sont pas intéressés par cette possibilité", explique encore Erik Todts.

Quid des relations avec l'administration fiscale ? "Nous avons travaillé avec les responsables de l'agrément fiscal (déductibilité fiscale des dons) qui sont des gens extraordinaires. Mais leur cadre est déforcé, et ils ne sont pas assez nombreux pour traiter les dossiers. J'en appelle à ce propos au gouvernement. Idem d'ailleurs à propos des droits de succession qui défavorisent les ASBL par rapport aux fondations dans certaines régions du pays ! Enfin, les initiatives légales en matière de récolte de fonds par les associations sont bloquées. Jusqu'à quand ?"

© La Libre Belgique 2007