Voyages, voitures, assurances, produits financiers et postaux... la liste des services que les grands magasins offrent n'en finit pas de s'allonger. La preuve avec Carrefour qui se lance dans la téléphonie mobile. Le 1er distributeur européen a choisi la Belgique pour tester son nouveau service GSM: «1 Mobile», en référence à sa marque «premiers prix». Une nouvelle forme de diversification initiée en Allemagne, il y a 3 mois, par Aldi, le pionnier du hard-discount, suivi depuis lors par Wal-Mart, le n°1 mondial.

Même si le marché du GSM est arrivé à saturation en Belgique avec 3,86 millions de GSM vendus en 2005 et un taux de pénétration de 83pc, les dépenses télécoms - contrairement à l'alimentation - sont en progression constante dans le budget des ménages. D'où l'offensive du groupe français sur ce front.

L'offre du distributeur concerne le marché du prépayé. Et seulement lui. Un marché qui concerne 5,5 millions de particuliers dans le pays. Les offres tarifaires en la matière sont légion (plus de 150!); elles se caractérisent souvent, comme le souligne régulièrement Test-Achats, par un manque de transparence. Aussi Carrefour a-t-il pris soin de venir sur ce marché ultra-compétitif avec «une offre simple et transparente», a indiqué Gérard Lambert, le directeur des services marchands de Carrefour Belgium. «Un seul tarif quels que soient le réseau appelé et l'heure de la communication.» Plus concrètement: le coût des communications nationales est de 0,24 € par minute, 24h/24, tous réseaux confondus (fixes ou GSM) et le SMS est à 0,11 €. Disponible pour le 24 février dans les 500 points de vente GB et Carrefour du pays, le kit de démarrage coûte 15 € (avec une provision d'appels incluse de 6 €). Les recharges seront vendues au prix unique de 6 € pour un temps d'appel de 25 minutes ou 55 SMS. Ce qui, assure-t-on chez Carrefour, en fait «la recharge la moins chère du marché». Pas d'objectifs chiffrés à ce stade. Le distributeur espère séduire «beaucoup» de clients, essentiellement des consommateurs utilisant peu leur GSM ou des jeunes.

Carrefour sera ce que l'on appelle un opérateur mobile virtuel (MVNO), à l'instar d'une vingtaine de sociétés en Belgique (Versatel, Telenet, le Sporting de Charleroi, etc.) mais le premier dans la distribution. Autrement dit, il ne disposera pas de son propre réseau, mais il utilisera les antennes de Base.

Du côté des opérateurs classiques, on n'est pas trop inquiet. «Cela fait encore un concurrent en plus que l'on va suivre de près mais nos offres restent innovantes et performantes», explique-t-on chez Proximus. D'autres distributeurs vont-ils suivre le mouvement? Depuis 2004, Delhaize propose «plus-Line», un service d'abonnement unique pour communications fixes et GSM, en collaboration avec IMC Worldcom. «Nous évaluons le système (1000 abonnés à ce stade) mais n'avons pas de projets comme Carrefour», indique la chaîne.

© La Libre Belgique 2006