Ici, à Forest, le travail est garanti." C'est ce qu'a affirmé hier Werner Widuckel, le directeur en charge du personnel d'Audi, au terme d'une conférence de presse organisée dans l'unique but de couper court aux rumeurs sur l'avenir du site bruxellois. La semaine dernière, l'hebdomadaire allemand "Der Spiegel" avait écrit que Wendelin Wiedeking, le patron de Porsche, premier actionnaire de Volkswagen (qui détient la marque Audi), était opposé à la poursuite des activités du groupe à l'usine de Forest. La presse belge, le magazine "Trends" en tête, avait relayé cette information en fin de semaine dernière.

"Audi Forest embauche"

"Je ne peux pas expliquer ces spéculations car, à ma connaissance, M. Wiedeking n'a pas dit cela , a déclaré hier Werner Widuckel, par ailleurs président d'Audi Bruxelles. Le transfert d'Audi à Forest a été accepté par le conseil de surveillance de Volkswagen dont M. Wiedeking fait partie. Nous ne pouvons donc pas être d'accord avec ce qui a été écrit." Pour étayer ses affirmations, le directeur des ressources humaines d'Audi a rappelé que des investissements étaient en cours à l'usine bruxelloise, à hauteur de 90 millions d'euros étalés sur la période 2007-2008, dans le but de moderniser la chaîne de montage et les procédés de peinture. "De plus, les accords passés avec les syndicats en vue de maintenir de 2 000 à 2 500 postes seront respectés , a ajouté Werner Widuckel. Nous devons même embaucher du personnel. Il n'est donc pas question de licenciements."

Les délégués syndicaux, présents lors de la conférence de presse, se disent rassurés, même s'ils gardent en mémoire le souvenir douloureux de la réduction de deux tiers du personnel il y a moins d'un an. "Il reste une plaie béante, un véritable traumatisme , a témoigné Jan Vanderpoorten, délégué FGTB. Toute information susceptible d'insuffler de l'espoir pour l'avenir est bénéfique mais si d'autres informations, propres à enterrer cet espoir, apparaissent, c'est évidemment difficile à supporter." Le syndicaliste fait référence aux propos du patron de Porsche et avoue qu'une menace de grève a même germé. Mais il précise que la venue d'un responsable allemand du groupe pour rassurer les travailleurs a permis de calmer le jeu. "De plus, actuellement, quand on voit la façon dont l'usine se transforme, cela nous pousse à garder espoir" , ajoute-t-il. En ce moment, des travaux sont effectivement en cours sur le site de Forest. En vue de l'installation de nouvelles lignes de production, les salles de l'ancienne carrosserie ont été vidées. "Parmi le personnel, certains s'inquiètent de voir ce bâtiment vidé mais ils seront bientôt rassurés par l'arrivée des grues , explique Stefaan Van Bockstael, délégué CGSLB. En tout cas, tout continue comme prévu au niveau des investissements. Et nous sommes contents que la direction en Allemagne ait réagi directement aux rumeurs qui ont circulé sur l'avenir de l'usine."

Mais si le contrôle change...

Toujours est-il que si le patron de Porsche prend le contrôle de Volkswagen comme il en a l'intention, ce que l'actuelle direction affirme aujourd'hui pourrait ne plus avoir aucun sens demain. "La montée de Porsche dans le capital du groupe nous inquiète , concède Stefaan Van Bockstael. Nous suivons attentivement l'évolution de la situation. Mais en attendant, nous sommes contents de travailler pour Audi dont le futur est plus clair que celui d'autres marques."

Interrogé sur le nombre de véhicules que l'usine de Forest doit produire, le responsable des ressources humaines d'Audi a rappelé que quelque 80 000 voitures devraient sortir de la chaîne cette année, voire un peu plus. "En outre, il est prévu de produire en exclusivité l'Audi A1 ici à partir de 2009 , a ajouté Werner Widuckel. Pour cette période, un chiffre de 80 000 à 100 000 véhicules par an semble être une bonne base de travail et il pourrait même être plus élevé à l'avenir." Concrètement, la production sera fonction de l'engouement du public pour l'Audi A1.