Le constructeur automobile japonais Nissan a décidé de fermer une usine qui emploie quelque 3.000 personnes à Barcelone, a déploré jeudi le gouvernement espagnol, confronté au premier coup dur porté à l'industrie espagnole sur fond de pandémie.

L'Espagne est le deuxième constructeur de voitures de l'Union européenne derrière l'Allemagne. L'automobile représente un secteur-clef pour ce pays, correspondant à 10% de son PIB.

"Le PDG de Nissan a communiqué à la ministre de l'Industrie le plan de la compagnie qui est de ne pas poursuivre l'activité sur le site de Barcelone", a confirmé à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Industrie.

"Nous regrettons cette décision de Nissan, de quitter non seulement l'Espagne mais l'Europe, un marché de 700 millions de consommateurs, et de concentrer ses activités en Asie, et ceci malgré les efforts énormes consentis par le gouvernement pour maintenir l'activité de l'entreprise", a réagi la ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzalez, à la radio nationale.

Nissan dispose de plusieurs sites de production à Barcelone avec un total de 3.000 employés. L'ensemble de l'activité était paralysée depuis le début du mois par une grève d'une partie des employés qui réclamaient un plan d'investissement pour ces sites où la suppression de 20% des effectifs était déjà prévue.

Nissan, en alliance avec Renault et Mitsubishi, avait annoncé durant l'été son intention de supprimer 12.500 emplois jusqu'à mars 2023 dans le monde, mais la crise du coronavirus pourrait porter ce chiffre à 20.000, 15% des effectifs, selon l'agence japonaise Kyodo News.

La ministre espagnole des Affaires étrangères a assuré que "toutes sortes de soutiens, d'aides et d'accompagnements avaient été offerts" à Nissan qui a préféré "recentrer ses activités indépendamment des plans" de soutien européens.

"Nous n'allons pas jeter l'éponge", a ajouté Arancha Gonzalez. "Nous allons explorer toutes les possibilités, parce que ce qui nous préoccupe c'est de conserver l'emploi", a-t-elle dit, sans écarter la possibilité de rechercher un repreneur.

La ministre espagnole de l'Economie, Nadia Calviño, a de son côté expliqué que le gouvernement avait "proposé à l'entreprise de lancer un processus de négociation pour voir comment ce processus pouvait être géré".

Le gouvernement a fait valoir que selon ses informations, les investissements nécessaires au maintien de l'usine sont "inférieurs au coût estimé de la fermeture", qu'il a évalué à plus d'un milliard d'euros.