Libre Eco week-end | La start-up de la semaine

Glooh, c’est d’abord et avant tout l’histoire d’un Liégeois de 35 ans qui, ayant déjà pas mal roulé sa bosse à travers le monde (Roumanie, Espagne, États-Unis, Moyen-Orient, Grande-Bretagne…), se dit que, en fin de compte, la Cité ardente constitue un excellent port d’attache pour lancer enfin "sa" start-up. Avec une ambition qui, à première vue, pourrait apparaître bien prétentieuse : révolutionner le marché du "DOOH", acronyme de Digital Out-Of-Home utilisé pour désigner la publicité extérieure numérique.

Dimitri Themelis, polyglotte qui a grandi entre l’Espagne et la Belgique, évolue dans un environnement international depuis une bonne dizaine d’années. Il a pratiquement fait tous les métiers liés à l’export, de responsable des ventes à directeur général, et ce, aussi bien dans de grosses boîtes qu’au sein de plus petites structures à l’esprit start-up. En termes d’apprentissage, on trouve difficilement meilleure école ! Glooh, fondée à l’automne 2019, est la réponse que Dimitri Themelis a voulu apporter à une problématique à laquelle il s’est confronté en évoluant dans le secteur du retail et des médias interactifs. "Pourquoi, résume-t-il, le plus vieux média du monde, qui est l’affichage publicitaire en milieu urbain, est-il resté figé dans un contexte de digitalisation ?" Voilà qui nous ramène au "DOOH". Aujourd'hui, le terrain est occupé par des géants tels que Clear Channel et JCDecaux. La seule réelle innovation apparue ces dernières consiste à utiliser les abribus pour remplacer l’affichage "print" par un affichage dynamique et connecté. Si la technologie a évolué, analyse Dimitri Themelis, les messages publicitaires affichés, eux, sont restés inchangés. On y retrouve les mêmes gros annonceurs et des messages souvent peu pertinents. "On ne sent aucune réelle volonté, dans le chef des acteurs de l’affichage, de rendre le DOOH également accessible aux plus petits annonceurs. C’est là que Glooh innove en se positionnant comme le Booking.com des commerces locaux."

La solution a déjà fait ses preuves en France

Pour expliquer la raison d’être et le mode de fonctionnement de sa solution, Glooh donne exemple très concret sur son site (lequel vaut d’ailleurs le coup d’œil !). Il s’agit d’un petit commerce de sushis. À une heure de la fermeture, le vendeur se retrouve avec un stock de plats qu’il aimerait bien ne pas devoir jeter. Client de Glooh, il se rend sur la plateforme pour éditer, en quelques clics et en temps réel, une offre promotionnelle valable durant l’heure d’ouverture restante. Il va aussi pouvoir sélectionner les écrans numériques présents dans les environs (abribus, écrans disposés dans des centres commerciaux ou dans l’espace public, etc.) et la période d’affichage.

Grâce à un outil de création très simplifié, un commerçant est donc en mesure, depuis un smartphone ou un ordinateur, de créer une annonce et de la diffuser sur les écrans "DOOH" situés à proximité. Le tout pour des montants très abordables.

Glooh a déjà eu l’occasion de faire ses preuves à l’étranger, notamment à Monaco et à Nîmes. Le projet nîmois a été développé en partenariat avec Clear Channel France dans le cadre d’une action de soutien aux commerçants, artisans et restaurateurs. Via une plateforme dédiée, intégrant la solution Glooh Ads, ces acteurs locaux se connectaient directement aux 17 écrans digitaux de Clear Channel positionnés dans le centre-ville de Nîmes. La start-up a aussi entamé un projet pilote avec une société foncière qui possède dix centres commerciaux en région parisienne.

Tout proche de signer un partenariat avec Clear Channel Europe, Glooh est aussi en discussion avec JCDecaux. "On a prévu d’ouvrir un bureau à Paris cette année et on aimerait, ensuite, en faire de même à Londres et à Madrid", indique Dimitri Themelis. La start-up, qui compte actuellement cinq personnes, prépare une levée de fonds, de l’ordre de 1 million d’euros, pour accélérer sa croissance.

Ce qu'il faut encore savoir

Société : Glooh a été fondée en octobre 2019 par Dimitri Themelis.

Investisseurs : Fonds propres.

Sitewww.glooh.media

Particularité : Outre le grec (par son père), l’espagnol (par sa mère) et le français (il vit et travaille à Liège), Dimitri Themelis maîtrise trois autres langues : l’anglais, le néerlandais et l’italien. Inutile de préciser qu’il maîtrise aussi très bien le langage digital.