Libre Eco week-end | La start-up de la semaine

Fondée en 2019, cette start-up de La Hulpe développe des solutions de papier électronique. Elle vient de boucler une deuxième levée de fonds avec W.IN.G. by Digital Wallonia, Be Angels et des investisseurs privés. 

Cela fait juste un an que Mathieu Demeuse et Antoine Baudoux ont lancé INKcoming. Ces deux ingénieurs de l’ULB (en gestion et en informatique), purs digital natives , ne sont pas des débutants dans le monde du numérique. Ils ont acquis, en particulier, une expertise dans les logiciels d’affichage dynamique ( digital signage software ). Avec un "plus" : comme le dit Mathieu, CEO, le "motto" d’INKcoming, c’est un monde connecté "plus doux, plus durable, plus responsable."

Ce monde connecté se caractérise par une omniprésence des écrans (TV, ordinateurs, tablettes, etc.). Toujours plus grandes et plus plates, les "dalles" LCD, LED ou encore OLED offrent de belles images, lumineuses, contrastées. Il y a un revers à la médaille : ces écrans sont énergivores. Or, pour de nombreux usages (commerces, entreprises, institutions), la nécessité d’installer des écrans dernier cri apparaît très superflue. C’est là qu’intervient INKcoming. "INK" comme encre. Vous y ajoutez le "e" d’électronique et vous avez de quoi faire du papier électronique ou "e-paper". L’innovation remonte à 1997. On la doit à une spin-off du MIT (Massachusetts Institute of Technology), qui a donné naissance à E Ink Corporation. Contrairement aux écrans plats rétroéclairés classiques qui émettent de la lumière, le papier électronique utilise uniquement une lumière réfléchissante comme le papier. "C’est 99 % plus économe en énergie qu’un écran LCD ou LED" , insiste Mathieu Demeuse. De fait, le papier électronique consomme de l’énergie uniquement lorsque le contenu affiché est modifié. Mais ce n’est pas le seul avantage. L’e-paper est léger, durable (l’autonomie de fonctionnement varie de 3 à 9 mois), flexible, bistable (chaque microcapsule contient des particules noires et blanches chargées électriquement) et réflectif (il reflète la lumière tout comme une feuille de papier classique le ferait). Il est doux et connecté. "Il offre la même expérience de lecture que le papier tout en fournissant des mises à jour instantanées des informations", précise le CEO. " La technologie fonctionne sans fil, l’installation est facile et rapide, et les coûts d’exploitation et d’entretien sont très réduits."

"Devenir le leader dans le Benelux"

C’est en utilisant la techno du papier électronique que la start-up, basée à La Hulpe, a lancé son business. "Depuis 3-4 ans, le papier électronique se développe sur de plus grands formats (jusque-là, il était surtout utilisé pour les liseuses ou les étiquettes ; NdlR) , un nouveau champ d’applications s’est ouvert", détaille M. Demeuse . "Avec notre partenaire Visionect, qui est un peu le Samsung du papier électronique, on développe des solutions métiers pour différents types de clients (magasins, entreprises, organisations…" Aujourd’hui, INKcoming est le leader belge 100 % focalisé dans le développement et l’intégration de solutions basées sur le papier électronique. "Notre ambition est de le devenir dans le Benelux."

INKcoming, qui compte huit personnes, a déjà pu convaincre une dizaine de clients. Dans le commerce, on peut citer Medi-Market et Sequoia, qui utilisent la solution de la jeune pousse pour diffuser des informations en temps réel sur des écrans éco-responsables, ou encore The Positive Thinking Company. "Nous les aidons à diminuer leur consommation électrique d’affichage numérique pour leur communication interne et externe. L’e-paper est le support idéal pour tout ce qui est Corporate Social Responsability car il est lui-même responsable et, par ce fait, très engageant en termes de visibilité."

Ayant pu compter très vite sur l’aide du fonds W.IN.G. by Digital Wallonia (prêt convertible de 100 000 euros), INKcoming est sur le point de boucler une seconde levée de fonds (voir ci-dessous). "Nous travaillons aussi sur un nouveau produit qui sera une première mondiale" , ajoute Mathieu Demeuse. Mais il est encore un peu tôt pour en parler…

Nouveau tour de table avec W.IN.G., Be Angels et des investisseurs privés

Mathieu Demeuse est passé chez le notaire, lundi, pour finaliser un nouveau tour de table. Un an seulement après la fondation de INKcoming, ses fondateurs sont parvenus à attirer plusieurs investisseurs. D'une part, le fonds W.IN.G. by Digital Wallonia (groupe SRIW) a converti son prêt de 100.000 euros en capital. D'autre part, plusieurs membres du réseau Be Angels ont injecté près de 170.000 euros dans la jeune pousse brabançonne. On note aussi l'arrivée de plusieurs investisseurs privés, dont John John Goossens et Vincent André (deux "serial entrepreneurs" associés au sein de Buzzy Nest). Avec les actionnaires historiques, ils ont investi 75.000 euros. Au total, le capital de INKcoming passe de 120.000 à 462.000 euros. Il faut y ajouter un prêt subordonné de 125.000 euros octroyé par Novallia (groupe Sowalfin) et un support de BNP Innovation Hub.

"Cette deuxième levée de fonds va nous permettre deux choses, commente le CEO de INKcoming. D'abord, continuer à disrupter le marché de l’affichage éco-responsable. Ensuite, préparer au mieux le lancement d'un nouveau produit".

Ce qu'il faut encore savoir sur INKcoming

- La société a été créée en juin 2019 par Mathieu Demeuse (CEO) et Antoine Baudoux (CTO). Le duo a été rejoint récemment par un nouvel associé, Christophe Courcelle (Chief Commercial Officer).

- Outre les fondateurs et W.IN.G. by Digital Wallonia, l'actionnariat se compose d'e membres du réseau Be Angels et d'investisseurs privés (dont John-John Goossens et Vincent André).

- Site: https://www.inkcoming.com