Elle est arrivée comme le messie. Le lancement de la nouvelle Fiat Bravo a donné lieu, cette semaine à Rome, à un grand show. C'est que cette voiture signe le retour du constructeur italien dans le segment très porteur des berlines moyennes dominé, en Europe, par la VW Golf, l'Opel Astra, la Peugeot 307, la Renault Mégane et la Ford Focus. "La Bravo symbolise le changement et marque l'entrée de la marque Fiat dans une nouvelle phase de croissance", a souligné Sergio Marchionne, l'administrateur délégué du groupe Fiat lors de la présentation du nouveau modèle.

Numéro deux en Europe sur le segment B des petites voitures (Renault Clio, Peugeot 207, Opel Corsa, etc.), Fiat n'avait jamais réussi à percer dans la catégorie supérieure (segment C). Or, comme l'a expliqué Luca de Meo, le responsable de la marque Fiat pour le groupe, "ce segment représente 25 pc des ventes sur le Vieux continent avec plus de 3 millions de voitures. Il nous donne la possibilité de réaliser d'importantes marges bénéficiaires et de gros volumes ". Tout constructeur automobile qui se respecte se doit donc d'être présent sur ce marché. "Avec la Bravo, nous pensons que nous avons une belle carte à jouer dans ce segment", a-t-il poursuivi. Les ambitions de Fiat restent toutefois modestes : 120 000 unités par an.

La voiture, qui sera produite à Cassino (au sud de Rome), sera disponible dans cinq motorisations, dont deux moteurs diesel et deux nouveaux moteurs à essence, et proposera quatre niveaux de finition. Deux caractéristiques : elle est la longue (4 m 34) de sa catégorie et possède un grand coffre (400 litres). Son prix : entre 14 900 et 22 800 €.

"Cette voiture a été créée en 18 mois seulement. Les délais de développement ont été réduits de 30 pc. Il n'y a pas de précédent dans l'industrie automobile", s'est félicité Luca de Meo. C'est que Fiat entendait profiter de l'effet porteur de la Grande Punto lancée à la fin 2005 et qui a marqué le grand retour de Fiat sur la scène automobile. L'an dernier, le groupe italien a été, avec l'Allemand Volkswagen, le grand gagnant sur le marché européen. Ses ventes (marques Fiat, Lancia et Alfa Romeo) ont cru de 21 pc. Et, pour la première fois depuis 2000, Fiat Auto a dégagé un bénéfice d'exploitation de 291 millions d'euros.

"La Bravo est un premier pas dans la réalisation de nos objectifs pour 2010", a déclaré Sergio Marchionne. "Fiat veut vendre 2 800 000 voitures en 2010 contre 2 millions en 2006." D'ici quatre ans, Fiat lancera 47 nouveaux modèles ou nouvelles versions dont la nouvelle Fiat 500, qui fera à partir de septembre prochain "revivre un mythe" et avec laquelle le groupe espère répéter ce que BMW a réussi avec la Mini.

© La Libre Belgique 2007