Dassault Aviation et Airbus ont appelé lundi Paris et Berlin à lancer "sans plus attendre" les études menant à la conception d'un démonstrateur pour le Système de combat aérien futur (SCAF), remplaçant des Rafale et Eurofighter.

"Il importe à présent de faire avancer concrètement le SCAF", affirment les deux groupes dans un communiqué commun. Il s'agit notamment de notifier aux industriels les contrats pour les études menant à la construction d'un démonstrateur en 2026.

"Le prochain conseil des ministres franco-allemand doit servir de catalyseur à cette volonté commune d'aller de l'avant par le lancement rapide de cette phase de démonstrateurs et par l'engagement des nations partenaires sur un plan de financement fiable pour confirmer le caractère pérenne et cohérent de ce programme de développement européen", ajoutent-ils.

"Nous appelons les responsables politiques à tout mettre en oeuvre pour lancer le plus rapidement possible ces démonstrateurs, étape clef pour mettre cet ambitieux projet en marche", affirment le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier et le président exécutif d'Airbus Defence and Space, Dirk Hoke, cités dans le communiqué.

La ministre française de la Défense Florence Parly se rendra mercredi à Berlin pour préparer le futur conseil des ministres franco-allemand. 

"Un démonstrateur" pour 2026

Paris, Berlin et Madrid ont signé le 17 juin lors du salon du Bourget un accord-cadre structurant les trois pays autour du SCAF. Au cœur de ce système se trouve le futur chasseur (NGF, Next Generation Fighter) destiné à remplacer les actuels Rafale et Eurofighter à l'horizon 2040.

"Les technologies futures doivent être développées dès maintenant pour être ensuite testées et qualifiées en vol" par le biais de ce démonstrateur, arguent Dassault et Airbus, qui rappellent avoir pour leur part "su rapidement trouver des accords et se mettre en ordre de marche".

"On espère notifier les contrats d'ici la fin de l'année" a-t-on indiqué à l'AFP au ministère des Armées, où l'on se dit "raisonnablement confiants" sur le fait d'avoir "un démonstrateur du NGF qui vole en 2026".

Mi-septembre, le patron de Dassault avait imputé ce retard de notification de contrats à des règles "d'exportabilité" du futur SCAF à définir entre Paris et Berlin.

Selon une source gouvernementale française, un accord sur la question des exportations est en passe d'être conclu.