Plusieurs compagnies aériennes, américaines en tête, ont annoncé ces derniers jours des réductions du nombre de leurs vols pour faire face à la flambée des cours du pétrole, un mouvement qui pourrait se généraliser et pousser les prix des billets à la hausse.

Imitant ses concurrents United Airlines et American Airlines, Continental Airlines a annoncé jeudi une réduction de 11 pc de ses capacités sur les vols intérieurs aux Etats-Unis à compter du quatrième trimestre. L'australien Qantas va, lui, supprimer plusieurs de ses vols vers l'Asie, tandis que deux des principales compagnies aériennes chinoises, China Southern Airlines et China Eastern Airlines, vont réduire leurs vols internationaux, au moins temporairement. Tous citent la hausse du prix du kérosène à l'appui de leur décision.

Appareil au sol

Certaines dessertes, autrefois rentables, sont aujourd'hui déficitaires. En outre, depuis peu de temps, les coûts variables sont supérieurs aux coûts fixes pour les transporteurs aériens, explique un analyste. " Laisser un appareil au sol a donc un impact significatif sur le résultat de la compagnie et représente une économie importante" , ajoute-t-il.

American, United et Continental ont même fait un pas supplémentaire en retirant, par dizaines, des appareils anciens de leur flotte. Des avions très gourmands en carburant, que leurs concurrents étrangers ont le plus souvent déjà renouvelé par d'autres modèles plus économes.

" Les compagnies vont essayer de répercuter au client une partie du surcoût ", estime un autre expert. Un sentiment partagé par les investisseurs.

Selon une note de Crédit Suisse, l'industrie aérienne américaine doit augmenter de 15 à 25 pc ses tarifs pour atteindre la rentabilité avec un baril à 125 dollars. " Si l'un des transporteurs augmente ses prix, nous croyons que les autres suivront ." A bon entendeur...