Bank of America a doublé son bénéfice net au premier trimestre grâce à la réduction des réserves mises de côté pendant la pandémie et la bonne santé de ses activités de banque d'affaires. Le groupe a dégagé un bénéfice net de 7,6 milliards de dollars sur la période, détaille un communiqué publié ce jeudi.

Rapporté par action et hors élément exceptionnel, la référence à Wall Street, il s'élève à 86 cents, soit plus que les 66 cents attendus par les analystes.

Son chiffre d'affaires s'est stabilisé sur un an, à 22,8 milliards de dollars. Il est là-aussi supérieur aux prévisions.

Comme toutes les grandes banques, l'établissement avait mis de côté des milliards pour faire face aux éventuels défauts de paiements de ses clients. Mais les faillites étant finalement restées limitées et la situation économique s'améliorant peu à peu, la banque a décidé de réduire un peu le coussin de protection qu'elle s'était constituée et a relâché 2,7 milliards de dollars de réserves.

"Nous pensons que les progrès réalisés sur le front de la crise sanitaire et sur le front économique vont alimenter une accélération de la reprise", a souligné le PDG de la société, Brian Moynihan, dans le communiqué.

Un appétit pour le risque qui rapporte

Les revenus tirés par les services bancaires aux consommateurs et aux petites entreprises ont reculé de 12 % en raison notamment du faible niveau des taux d'intérêt, qui rogne sur l'argent que la banque peut se faire en prêtant à ses clients.

Bank of America a aussi vu ses clients rembourser plus rapidement les dettes sur leurs cartes de crédit, ce qui a réduit le montant total des prêts de 8 %, et mettre plus d'argent sur leur compte courant.

De nombreux particuliers ont été soutenus par des aides du gouvernement et, face aux restrictions, ont en général dépensé moins.

Bank of America a aussi profité de l'appétit pour le risque des entreprises et investisseurs alors que, grâce à la politique de la banque centrale américaine, l'argent affluait sur les marchés.

Les frais récoltés pour ses services de conseil aux grandes entreprises dans les opérations de fusions-acquisitions ou de levées de fonds sur les marchés ont bondi de 62% à un niveau record.

Les revenus tirés du courtage d'actions, de matières premières, de devises et d'autres actifs financiers ont progressé de 11%.

L'action de Bank of America montait de 1,2 % dans les échanges électroniques précédant l'ouverture de la séance.