Banksys a trouvé le repreneur qu'il recherchait activement depuis des mois. La société belge qui gère le réseau Bancontact/Mister Cash est rachetée par le groupe français Atos Origin, au même titre que la société Bank Card Company (BCC), qui gère les paiements par Visa et MasterCard. Le montant de la transaction, qui devrait être finalisée au plus tôt en octobre et au plus tard en décembre, n'a pas été dévoilé. On sait cependant que les actionnaires de Banksys et de BCC - à savoir les banques belges, et en particulier Dexia, Fortis, KBC et ING - ont été payées en cash. On sait également que ces quatre grandes banques se sont engagées à rester clientes du nouvel ensemble pendant au moins cinq ans.

L'intégration de Banksys au sein d'un groupe européen était devenue indispensable depuis que la Commission européenne a décidé que les facilités de paiement locales, telles que le réseau Bancontact/MisterCash par exemple, doivent être remplacées par une zone unique de paiement européenne. Ce qu'on appelle dans le secteur le SEPA (Single European Payment Area). Celui-ci devra permettre aux consommateurs européens de payer de la même manière dans l'ensemble de la zone euro au plus tard d'ici 2010.

Pas de pertes d'emplois

«SEPA va faire bouger l'ensemble du secteur des paiements en Europe dans les deux ou trois ans à venir», explique Bernard Bourigeaud, le président d'Atos Origin. «D'où l'importance pour nous de prendre les devants et de constituer un acteur européen qui a les moyens d'investir dans le développement de cette nouvelle plate-forme et qui dispose d'un volume de transactions suffisant pour proposer des tarifs plus intéressants aux grandes banques européennes.»

Autrement dit, Atos Origin - qui a racheté Banksys et BCC via sa filiale Atos Worldline - n'a sans doute pas fini de faire ses emplettes sur le marché européen des paiements. Alors que le nouvel ensemble aura un chiffre d'affaires d'environ 650 millions d'euros, la société ambitionne de créer un acteur européen qui pèserait au moins un milliard d'euros.

Au niveau humain, le nouveau groupe formé par Atos Worldline et Banksys emploiera quelque 3.800 personnes. Bonne nouvelle pour les 1.100 employés de la société belge: la fusion devrait être sans conséquences au niveau social. «Au contraire, comme le secteur est en plein développement, ce rapprochement va fournir des opportunités nouvelles aux employés des deux sociétés», affirme Bernard Bourigeaud. Celui-ci précise également que sa société a une bonne réputation en matière de fusions et qu' «il ne devrait pas y avoir de difficultés d'intégration».

En ce qui concerne les synergies entre la société belge et sa nouvelle maison mère, le patron de Banksys Vincent Roland s'attend à ce qu'elles aient un véritable effet à partir de 2008. «Les synergies viendront surtout avec SEPA», dit-il.

Quant à l'avenir de la marque Banksys, qui est bien établie sur le marché belge, les choses ne sont pas encore fixées. Mais tant du côté des employés de la société belge que de son patron Vincent Roland, on semble beaucoup apprécier le petit poisson coloré du logo d'Atos Origin...

© La Libre Belgique 2006