Pour les banques belges, c’est une gifle. Une de plus. Le sondage réalisé en marge du Baromètre LaLibre/RTBF/Dedicated sur un échantillon de 2700 personnes montre qu’elles n’ont pas la cote. C’est le moins qu’on puisse dire... L’opinion est défavorable tant sur les aspects d’épargne que de management et de contrôle. Elle porte sur deux banques en particulier (BNP Paribas Fortis et Belfius), lesquelles représentent une grande part du marché bancaire belge.

Sur un seul critère -celui de la qualité des services- plus de 50 % des personnes sondées donnent une cote sur dix supérieure à 5. Pour les autres critères, que ce soit la qualité du management ou la qualité en tant qu’employeur, en passant par la transparence de la gestion, c’est la berezina. 70 % des personnes donnent une cote inférieure à 5 pour la transparence. La qualité du contrôle de banques est à peine mieux évaluée.

“L’image des banques est catastrophique”, note Marc Dumoulin, administrateur délégué chez Dedicated. 

Sans aucun doute faut-il lier cette piètre image à la crise bancaire de 2008, qui a obligé l’Etat belge à venir au secours de trois institutions à coup de dizaines de milliards d’euros. Et cela avec des fortunes diverses : Les français de BNP Paribas ont fait une excellente affaire en reprenant 75 % de la participation de l’Etat belge dans Fortis banque; le groupe Dexia a été démantelé avec le rachat de Dexia banque (devenue Belfius) par l’Etat et KBC a dû réduire fortement la voilure après l’aide de l’Etat fédéral (entièrement remboursée) et de la Région flamande. 

Inefficace, le gouvernement belge?


Moins de 40 % des Belges sondés estiment que le gouvernement belge a (très) efficacement géré la crise. Les résultats sont assez similaires d’une Région à l’autre. 

“La perception de la gestion de la crise est assez médiocre. Les gens ont exprimé cette mauvaise gestion sans se souvenir de ce qui avait été fait. C’est sans doute parce qu’ils ont le sentiment que cette intervention n’est pas finie”, note Marc Demoulin. 

De fait, personne n’ose affirmer aujourd’hui que le groupe Dexia -en liquidation- n’aura plus besoin d’aide. Cette critique n’est toutefois pas personnalisée, selon Marc Dumoulin. Selon lui, Didier Reynders qui été à l’époque ministre des Finances et donc à la manœuvre, “n’apparaissait pas comme un mauvais gestionnaire. Il n’y a plus grand monde qui se souvient de ce qui s’est passé en 2008”, souligne encore Marc Dumoulin. 

Il ressort aussi du sondage que les Belges jugent sévèrement les mesures prises depuis 2008: 27 % des Belges estiment que le gouvernement belge a pris suffisamment de mesures pour réguler le secteur bancaire. Ce résultat est donc encore plus mauvais que celui obtenu sur la gestion de la crise. Ce qui montre qu’ils sont (très) nombreux à penser qu’on n’a pas pris des mesures suffisamment radicales. 

Et curieusement, les Flamands sont un peu plus indulgents que les Wallons et les Bruxellois. Notons enfin que 10 % de la population dit avoir très affectée et 22 % un peu affectée par les difficultés rencontrées par les banques. Un pourcentage qui correspond plus ou moins au niveau des actionnaires de Fortis et Dexia mais relativement limité comparativement au taux de mécontentement vis-à-vis des banques.