Un haut responsable de la régulation bancaire dans l'UE à été nommé mardi à la tête d'un lobby représentant les marchés financiers européens, suscitant des critiques d'ONG.

Le Hongrois Adam Farkas, actuel directeur exécutif de l'Autorité bancaire européenne (EBA), a été nommé à la tête de l'Association des marchés financiers en Europe, l'Afme, à partir du 1er février, ont annoncé les organisations concernées.

L'Afme est un puissant lobby représentant, selon son site internet, "les principales banques mondiales et européennes ainsi que d'autres acteurs importants du marché des capitaux".

Dans une lettre ouverte adressée à l'Espagnol José Manuel Campa, patron de l'EBA, l'ONG Finance Watch rappelle que "le directeur exécutif de l'EBA est tenu, après la cessation de ses fonctions, 'd'agir avec intégrité et discrétion en ce qui concerne l'acceptation de certaines nominations ou avantages'".

"À notre avis, passer directement du poste de superviseur bancaire à celui de lobbyiste bancaire" ne remplit pas ces critères "bien au contraire", poursuit l'organisation, qui espère que cette nomination sera bloquée.

Kenneth Haar, de l'ONG Corporate Europe Observatory, a lui estimé sur Twitter que l'EBA violait "de manière flagrante le statut des fonctionnaires de l'UE en permettant à son directeur rejoindre directement à un groupe de pression financier".


L'EBA affirme avoir "procédé à une évaluation du conflit d'intérêts potentiel découlant" du nouvel emploi de M. Farkas et avoir décidé qu'il ne participerait plus à ses "travaux de politique et de supervision" pour se concentrer "exclusivement sur les questions opérationnelles jusqu'au 31 octobre 2019".

Couper les ponts

M. Farkas ne pourra "s'engager dans des activités de lobbying ou de défense des intérêts de l'EBA, ou avoir des contacts professionnels avec le personnel de l'EBA, pendant 24 mois après avoir quitté l'Autorité".

Il ne pourra pas non plus "conseiller les membres de sa nouvelle organisation (...) sur des sujets directement liés au travail qu'il a effectué au cours de ses trois dernières années de service pendant 18 mois" après avoir quitté son poste.

"La faiblesse des conditions ne résout pas le problème fondamental du conflit d'intérêts", a estimé l'eurodéputé écologiste allemand Sven Giegold.

Ces critiques rappellent celles contre la nomination en 2016 de l'ancien chef de la Commission européenne, José Manuel Barroso, au sein de la banque d'investissement Goldman Sachs, après 10 ans à la tête de la Commission.