Les CEO de Proximus et Belfius, Guillaume Boutin et Marc Raisière, ont répété ce mardi matin leur volonté de partenariat, de rapprochement, lors d’un débat organisé par le cercle d’affaires B19.

Après avoir divulgué le nom de leur future banque en ligne, “Banx”, en décembre dernier, les deux dirigeants ont voulu s’en féliciter tout en annonçant une arrivée probable dans le courant de l’été, au deuxième semestre 2021 donc. Mais tout cela sans en dévoiler beaucoup plus sur ce partenariat, les services précis ou encore les éventuels tarifs.

Les dirigeants ont plutôt insisté sur la volonté de se positionner en alternative aux Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) pour tout ce qui touche aux services aux consommateurs, aux clients. Alors que les débats sur l’utilisation des données par les géants du web et la dépendance aux entreprises étrangères font rage, c’était le moment, serait-on tenté de dire.

“Le partenariat stratégique : redessiner le monde de demain. La banque, aujourd’hui, pour le particulier, c’est le smartphone. Il y a 1,6 million de clients Belfius qui se connectent chaque jour […]. Il nous paraissait assez naturel de nous rapprocher stratégiquement du plus gros opérateur de télécommunication belge, Proximus”, a d’ailleurs déclaré pour sa part Marc Raisière. Notons également que les deux entreprises sont aux mains de l’État belge (actionnaire majoritaire pour Proximus avec 53,5 % des parts et unique actionnaire de Belfius), ce qui favorise ce rapprochement.

“On est à un moment charnière dans le digital. Une période de transition avec cette volonté de relocalisation”, abonde pour sa part Guillaume Boutin.

Récupérer une partie du marché publicitaire

Si les dirigeants insistent sur le service aux consommateurs qu’ils veulent mettre en avant, via un portail commun pour les clients Belfius et ceux de Proximus, ils assument aussi vouloir concurrencer les géants du web sur le marché publicitaire également.

“On souhaite créer des plateformes publicitaires alternatives à celles de Facebook et Google”, ajoute Guillaume Boutin, assurant vouloir “préserver les filières culturelles et créatives, insuffler de la croissance et de l’innovation […], redonner confiance aux annonceurs sur les plateformes locales”, afin de ne pas laisser la part du gâteau aux géants américains donc.

“Chacun reste dans son métier et son domaine d’expertise. On va ajouter notre touche Proximus, notre ‘secret sauce’, notre ADN. Mais en complémentarité de chacun […]. Le moteur bancaire reste l’expertise des équipes Belfius”, précise encore Guillaume Boutin.

Pour les deux CEO, il semblait effectivement important de montrer qu’il n’y aurait pas de dépenses très importantes pour créer une banque en ligne ex nihilo, comme certains opérateurs télécoms ont pu le faire à l’étranger. Ils ont voulu opérer à un rapprochement qu’ils annoncent comme inédit afin de profiter des ressources déjà en place de chacun.

Reste à voir, d’ici l’été, qu’est-ce que proposera Banx exactement et sous quelles modalités. Marc Raisière n’a d’ailleurs pas exclu d’exporter le principe à l’international si le succès est au rendez-vous, et ce en faisant appel aux marchés pour financer d’éventuels développements futurs.