Et pour quelques milliards de plus ? La banque britannique Barclays tente de séduire les actionnaires d'ABN Amro en améliorant les conditions de son offre publique d'acquisition (OPA) sur la banque néerlandaise. Dans un communiqué publié lundi, Barclays a annoncé qu'elle proposait désormais d'acquérir ABN Amro pour 67,5 milliards d'euros, dont 42,7 milliards en actions Barclays et 24,8 milliards en cash. La banque britannique avait déjà évoqué son intention de payer partiellement en argent liquide les actionnaires d'ABN qui souscriraient à son offre mais sans préciser les modalités d'une telle offre améliorée. Auparavant, son OPA consistait exclusivement en un échange d'actions : 3,225 actions Barclays pour 1 action ABN Amro, ce qui valorisait la banque néerlandaise à environ 64 milliards d'euros vendredi dernier.

Barclays se finance en Asie

Barclays majore donc son offre de quelque 5 pc mais surtout, elle offre désormais un peu plus d'un tiers de la somme en numéraire. Comment financera-t-elle cette opération ? Elle l'explique dans son communiqué. Déjà en relations d'affaires avec la China Development Bank (CDB), Barclays entend "renforcer ce partenariat stratégique" et faire de la banque chinoise un "actionnaire majeur" . La banque britannique sollicite aussi l'intervention de Temasek, un holding établi à Singapour, qui devrait également devenir un actionnaire de référence de Barclays.

En tout, CDB et Temasek investiront 3,6 milliards d'euros dans Barclays. De plus, elles apporteront encore 9,8 milliards en cas de succès de l'OPA sur ABN Amro. De cette manière, "China Development Bank sera le premier actionnaire de Barclays avec 8 pc , a précisé John Varley, le directeur général de Barclays, cité par l'AFP. Et Temasek en aura 3,5 pc" , a-t-il ajouté lors d'une conférence téléphonique. En outre, Barclays a annoncé un résultat par action en hausse de 14 pc au 1er semestre ainsi que l'acquisition d'actions propres à hauteur de 3,6 milliards d'euros.

La banque Degroof juge ces nouvelles conditions "toujours significativement inférieures" à l'offre du consortium réunissant Royal Bank of Scotland (RBS), Fortis et Santander. Ces trois banques proposent 71,1 milliards d'euros pour acquérir ABN Amro, soit 38,40 euros par action de la banque néerlandaise, dont environ 93 pc en cash. "Nous pensons que le consortium est toujours le plus probable acquéreur d'ABN , précise Degroof qui maintient néanmoins sa recommandation d'"acheter" sur l'action Fortis, avec un objectif de cours inchangé à 39,50 euros car, à son avis, Fortis reste significativement sous-évaluée, même en tenant compte de l'acquisition d'ABN."

C'est aux actionnaires d'ABN Amro que reviendra le mot de la fin. Mais auparavant, ceux de Fortis auront dû approuver l'augmentation de capital destinée à financer la part du groupe belgo-néerlandais dans l'offre du consortium. Pour Fortis, la première joute aura donc lieu à l'assemblée générale du lundi 6 août.