Il a l'envergure du salon de l'Auto - occupant l'entièreté du Brussels Expo, soit 130000m2 - mais, alors que son illustre prédécesseur compte traditionnellement quelque 250 exposants, Batibouw en aligne un millier! Ce qui augmente sérieusement le temps de visite, la fatigue (15 kilomètres d'allées, ce n'est pas rien) et les errements. D'autant que de plus en plus d'exposants s'enferment dans des stands design qu'il faut parfois contourner, voire doublent la mise en créant des stands sur deux niveaux.

Avant que ses 350000 (et quelque) visiteurs ne s'avouent vaincus et décident de laisser leur architecte ou leur entrepreneur choisir pour eux, les organisateurs ont décidé de revoir les choses. Et tout d'abord de réorganiser la localisation des exposants. «Batibouw a toujours mis l'accent sur la segmentation, explique Geert Maes, directeur général de FISA, société organisatrice du salon. Mais d'année en année, avec l'arrivée successive d'exposants les plus divers, les thématiques ont un peu perdu de leur cohésion et donc de leur acuité. C'est surtout cette année que nous y avons travaillé, demandant à certains exposants d'abandonner leur emplacement habituel pour un autre.» Les déménagements les plus visibles sont ceux des entreprises clé sur porte (rassemblées dans le palais 8) et des spécialistes en fenêtres, châssis, profils (palais 4). «Certains palais - comme le 1 «Aménagements extérieurs» - acquièrent ainsi une image plus formelle, ajoute-t-il. D'autres se recentrent sur leur domaine de prédilection. Le palais 5 «Gros oeuvre» explosait; désormais, le 4 prend la relève. Le premier rassemble les matériaux pour toits, façades, béton, tuiles, briques..., le second s'attache à l'isolation, aux portes et à la menuiserie extérieures...»

Pause

Autre nouvelle ligne de conduite: le confort. «Nous nous sommes préoccupés de la signalétique, précise Geert Maes. Une couleur a été attribuée à chaque domaine afin que les visiteurs visualisent plus rapidement où ils sont et, surtout, où se trouvent les secteurs qu'ils cherchent.» Vert pour le palais 2, orange au 3, violet au 8...

Mais confort de visite suggère également «pause». «Nous n'avions pas d'aire de repos digne de ce nom, confirme le directeur de Batibouw. Avec le Media Lounge, conçu dans l'esprit bar, c'est désormais chose faite au palais 3.»

Pour le reste, Batibouw version 2006 est conforme à ce qu'on en attendait. Plus que les autres années, peut-être, il colle vraiment à la réalité du marché et de son environnement. Economies d'énergie et construction durable - deux des trois accents prioritaires pointés par les organisateurs - ont gagné en visibilité. De même que la domotique, qui a réussi à s'implanter tout en finesse. Au point de supplanter l'éclairage dans le palais 9 qu'ils se partagent. Quant aux entreprises de construction générale, elles ne cachent plus qu'elles font aussi de l'immobilier, présentant certes des terrains à bâtir mais aussi des immeubles à appartements en cours de construction ou de finition.

© La Libre Belgique 2006