S'il assure "ne pas avoir de critique particulière" à l'encontre du Portugais Vitor Constancio, choisi lundi soir pour devenir le prochain vice-président de la BCE, M. Reynders a déploré que les qualités du candidat belge, Peter Praet, n'aient pas été prises en considération. "(Le Premier ministre luxembourgeois) Jean-Claude Juncker (qui défendait la candidature d'Yves Mersch, ndlr) et moi-même avons dû constater un accord de plusieurs grands pays" sur le choix de M. Constancio, a-t-il dit. "Nous pensions qu'on aurait pu avoir un minimum de débat sur la qualité" des personnes, a-t-il ajouté, soulignant que M. Praet était "un excellent candidat" et qu'il avait fait très bonne impression lors de son audition au Parlement européen. "Je regrette que régulièrement ce soit ce genre de choses qui dominent le débat", a-t-il poursuivi, en référence aux arrangements entre pays en vue de l'obtention de postes.

Il est en effet de notoriété publique que l'Allemagne a soutenu la candidature de M. Constancio afin d'ouvrir la voie à la désignation de son candidat, Axel Weber, à la tête de la BCE l'an prochain.

L'actuel président de la BCE, le Français Jean-Claude Trichet, ne doit quitter son poste que fin 2011, mais la course à sa succession est déjà lancée. L'Italie défend la candidature de Mario Draghi, tandis que l'Allemagne, où la stabilité monétaire est un objectif politique de première importance, soutient celle de M. Weber, considéré comme un faucon en la matière.

Pour autant, la Belgique n'abandonne pas l'idée de placer Peter Praet, reconnu comme une sommité monétaire au niveau international, au directoire de la BCE. "Je ne désespère pas", a dit M.

Reynders, évoquant "un travail de longue haleine".

M. Trichet ne sera pas le seul des six membres du conseil exécutif de la BCE à quitter son poste en 2011. L'Autrichienne Gertrude Tumpel-Gugerell laissera également une place vacante à Francfort.