Voilà que Belgacom fait dans le communautaire ! C’est en tout cas le programme présenté hier par l’opérateur télécoms belge au travers de l’accord conclu avec le groupe espagnol Fon en vue de développer une communauté d’utilisateurs acceptant de partager leur connexion wi-fi.

A première vue, rien de bien rentable pour Belgacom (le groupe devrait en dire plus dans le courant de cette année). A l’étranger, Fon propose ses services en l’émaillant notamment d’un "retour sur partage" sur la base des contributions des utilisateurs payants. On est encore très loin de cela chez nous. Pour Michel Georgis, patron de la division "consommateurs" de Belgacom, il s’agit d’une étape de plus dans le sens d’une offre permettant de donner aux clients existants ou futurs du groupe de télécoms un accès permanent, et sur tous leurs appareils, à Internet et aux services diffusés sur les réseaux. "Que vous utilisiez un smartphone, une tablette ou un ordinateur, vous allez pouvoir disposer d’un réseau de centaines de milliers de "hotspots", alors que la concurrence n’en propose que quelques milliers."

Ici, l’objectif est clair : on veut fidéliser les clients Belgacom et attirer de nouveaux utilisateurs. C’est que l’offre Fon est attrayante : si vous partagez votre point d’accès wi-fi en le mettant à disposition de tiers, vous entrez dans une communauté qui est déjà présente ailleurs dans le monde - en France, en Grande-Bretagne ou au Portugal - et vous disposez dès lors du droit de profiter de l’ouverture de ces hotspots privés à l’étranger où les connexions en "roaming" sont horriblement chères. C’est aussi le cas en Belgique, d’où l’intérêt de Belgacom pour le principe d’un partage communautaire qui figure rarement dans les statuts d’une société cotée.

En profitant de l’expérience de Fon, Belgacom va faire la nique à certains concurrents qui disposent déjà d’une couverture wi-fi gratuite destinée à leurs clients. On pense ici à Telenet, qui permet à ses clients Internet mobile de surfer gratuitement via des hotspots disposés dans les lieux publics. En pratique ? "Il faudra attendre encore un peu, après les vacances, pour voir comment cela se passera concrètement. Nous avons la capacité de proposer cette option via la Bbox (décodeur Internet Belgacom) qui permettra de proposer en toute transparence un double réseau, le privé ultra-sécurisé et le réseau ouvert aux membres de la communauté." Par ailleurs, sur le terrain du "directement concret", Belgacom a aussi annoncé la poursuite de ses investissements dans le réseau classique VDSL2, qui couvre actuellement 80 % du territoire belge, avec un objectif de 85 % ou plus.

Enfin, le groupe a entamé l’utilisation de son début de réseau 4G (Internet mobile ultra-rapide) avec des groupes privés via des clés USB dédiées permettant l’accès au réseau sur des ordinateurs portables. C’est que les smartphones et les tablettes en mode 4G ne sont pas encore disponibles dans le commerce. Pour les particuliers, on verra au début de l’année prochaine.