Une semaine après avoir pris une participation de 40 pc dans la banque électronique Tunz qui propose depuis un an un système de paiements par GSM, Belgacom a mis la machine médiatique en branle pour tenter de donner de l’élan à son investissement. Le principe ? Doper l’utilisation du GSM comme moyen de paiement pour de petits montants dans les établissements ou pour des services offrant de manière visible cette opportunité. Pour ce faire, Belgacom a décidé de faire connaître une nouvelle marque "PingPing" (www.pingping.be). C’est sous cette bannière que Belgacom reprend à son compte le système Tunz développé par deux des cofondateurs de Skynet, Grégoire de Streel et Jean Zurstrassen. Comme nous l’indiquions récemment dans ces colonnes, Tunz avait manifestement du mal à décoller, par manque de masse critique. Le principe du développement "viral" de la clientèle ayant de toute évidence achoppé sur le manque d’intérêt pour un tel système adapté aux micropaiements. Tout comme ce fut le cas pour la carte de paiement Proton en son temps

Quelques millions de clients ?

Mais avec Belgacom, c’est une masse d’utilisateurs potentiels qui se chiffrent en millions, qui vont se voir proposer les fonctionnalités de la banque électronique. Et cela, d’autant que Tunz dispose d’un passeport bancaire européen qui permettrait d’étendre les fonctionnalités proposées. En attendant une explosion européenne du système de paiements par SMS ou par reconnaissance optique de codes sur les GSM, Belgacom a annoncé des accords de partenariats avec Accors Services (les chèques-repas), Coca-Cola et Delhaize. Il s’agira pour les utilisateurs sélectionnés dans ces projets, d’acheter leurs boissons aux distributeurs en utilisant leur GSM, mais aussi de faire de menues dépenses dans les magasins Delhaize équipés, par le biais notamment de chèques-repas dématérialisés On peut évidemment se poser la question de savoir si la dématérialisation des chèques-repas ne pourrait pas donner plus simplement lieu à l’émission de cartes de paiement dédiées.

Cela étant, il ne s’agit visiblement pas pour Belgacom de franchir le cap rapidement. On parle plus ici d’un concept à apprécier sur le terrain avant de monter en puissance : pas de cibles, pas de chiffres.

Expériences en cours

Pourtant, dans la pratique, Belgacom a déjà posé quelques jalons dans le domaine du paiement des parcomètres à Anvers et à Gand, ainsi que dans celui du paiement des tickets de transport en commun avec De Lijn. En 2008, Belgacom a également procédé à l’acquisition de la société Mobile-for, qui proposait aussi de tels services dans le cadre des parkings dans une série de villes en Flandre. Enfin, dans le même esprit, Belgacom a effectué récemment des essais de transferts d’argent en direction de pays d’Afrique du nord, tentant de sonder le marché des expatriés désireux de faire parvenir des fonds à leur famille restée au pays.