Didier Bellens est le big boss de Belgacom. En Belgique, c’est historiquement le pilier des télécoms. Mais, le maître à penser de la principale société du secteur en Belgique, héritière de l’ex- RTT, n’est pourtant pas féru des nouvelles technologies. C’est avant tout un homme de chiffres et de stratégies.

"Je ne me promène pas avec dix téléphones", confie-t-il après quelques minutes, entre le stress d’une conférence de presse de présentation des résultats semestriels du groupe et celui d’une "conference-call" avec les analystes. Comme beaucoup de ses cadres, il reste tout de même très attaché à son Blackberry. Son addiction au portail Internet Skynet (marque du groupe) lui permet de consulter ses mails et de suivre l’actualité, le sport, la finance, etc.

Ainsi, cet homme d’affaires issu du clan d’Albert Frère, émancipé au sein de RTL Group, puis sélectionné pour prendre la succession de feu John Goossens, se contente du "strict nécessaire" en matière de gadgets technologiques. Vit-il sans attaches technologiques ? Non, dans ses poches ou dans ses valises, on devrait, à l’en croire, retrouver deux smartphones, quelques iPod, un laptop, etc. L’utilisation au jour le jour, ce n’est pas son truc, lui qui se fait assister d’une armée de spécialistes bardés de diplômes.

Ce que Didier Bellens préfère, c’est tester les nouvelles technologies. Y a-t-il du neuf ? Oui, Didier Bellens attend avec impatience la sortie des nouvelles tablettes qu’il compte "toutes essayer". A ce stade, il n’est effectivement pas encore convaincu de la véritable utilité de ces nouveaux outils qu’il estime hybrides, les reléguant au rang de gadgets, à mi-chemin entre le smartphone et l’ordinateur portable (qu’il possède bien sûr).

Selon lui, les gadgets technologiques sont des outils souvent très utiles mais qu’il faut utiliser à bon escient. En effet, les nouveaux gadgets technologiques proposent toujours de plus en plus d’applications (comme les produits Apple) qui peuvent tenir l’utilisateur en haleine pendant plusieurs heures. Didier Bellens s’est donc empêché de devenir un mordu des applications de son smartphone. Il fuit d’ailleurs les réseaux sociaux, qui représentent une "perte de temps" à ses yeux.

Ainsi, celui-ci n’est jamais "devenu esclave des nouvelles technologies", dit-il. De ce fait, loin d’être en perpétuelle recherche du dernier gadget à la mode, Didier Bellens se focalise plutôt sur des outils technologiques conviviaux. Pour qu’un gadget retienne son attention, "il faut qu’il soit simple d’utilisation mais avec du contenu", souligne-t-il. D’ailleurs, la stratégie de Belgacom va dans le même sens puisque le groupe s’évertue à offrir des produits sans cesse plus simples d’usage. Belgacom juge effectivement que la convivialité d’un appareil satisfait le client d’une part, ce qui permet finalement à l’opérateur de générer des bénéfices d’autre part. Sans se limiter aux "geeks".

En outre, le dernier outil technologique sur lequel M. Bellens s’est attardé est le Samsung Galaxy (une exclusivité de son groupe en Belgique) car, selon lui, le menu de ce smartphone est intuitif et assez complet. Un petit coup de pub ? Ici aussi, Didier Bellens montre sa grande rationalité.

Par ailleurs, le patron du groupe Belgacom recourt quelquefois aux nouvelles technologies afin de motiver ou de fidéliser ses employés. Pour ce faire, il offre en effet "différentes choses pour différents employés" et, de plus, ses "incentives" varient "en fonction de la période dans laquelle on est", ajoute-t-il. A titre d’exemple, en 2009, le cadeau de fin d’année destiné aux employés de Belgacom n’était autre qu’une radio internet (soit un appareil permettant de recevoir et jouer de la musique à partir d’Internet). Un cadeau sympa, pour des employés fidèles au poste ? Ces cadeaux servent, en outre, à rappeler aux employés la stratégie poursuivie par Belgacom. De ce fait, ce sont souvent des cadeaux "verts" ou utilisant peu de CO2. Une manière d’allier le rationnel à l’agréable ?D.V. (st.)