Correspondant en Allemagne

La Deutsche Bank pavoise. "Nous avons dégagé en 2006 un bénéfice opérationnel record et les perspectives restent bonnes", s'est félicité le président Josef Ackermann à la conférence de presse annuelle au siège de Francfort.

Toutefois, les marchés financiers internationaux ne s'emballent pas pour le premier établissement bancaire allemand : au palmarès mondial des grandes banques, il n'arrive qu'en vingt-deuxième position en termes de capitalisation bancaire.

Les résultats publiés par la Deutsche Bank sont supérieurs aux attentes des analystes. Le bénéfice avant impôt a progressé de 33 pc à 8,1 milliards d'euros et l'excédent net de 70 pc à 6 milliards. En s'inscrivant à 31 pc, l'objectif de rendement sur fonds propres de 25 pc a été largement dépassé. L'établissement ne devrait pas avoir grand mal à atteindre en 2008 le résultat avant impôt envisagé de 8,4 milliards.

"La banque aime faire mieux que les prévisions", a indiqué le président. Après avoir achevé sa phase de restructuration en automne dernier, la Deutsche veut passer à la vitesse supérieure. Elle compte profiter de trois grandes tendances : la mondialisation privilégiant les marchés émergents, l'essor des marchés financiers et la formation de patrimoine.

"La Deutsche Bank fait partie des rares instituts financiers de dimension mondiale", a insisté le patron à l'égard de ceux qui critiquent la perte d'influence relative de l'établissement tombé en 15 ans du 2e au quatorzième rang en Europe. Le banquier réplique que dans l'ensemble, la capitalisation boursière des 30 principales valeurs allemandes du Dax a fléchi par rapport aux autres places financières.

Pas d'allemand pour Anshu

Pour conserver "son profil de première banque allemande agissant au plan mondial", la Deutsche évitera de s'aventurer dans de grandes fusions transfrontalières, a assuré le président. En reprenant l'an dernier deux établissements allemands moyens, la Berliner Bank et la Norisbank, la Deutsche a souligné son intention de soigner le marché-clé domestique. Elle embauche de nouveau en Allemagne.

Sorti indemne du procès Mannesmann moyennant le paiement d'une amende de 3,2 millions d'euros en novembre, le Suisse Josef Ackermann a reconquis beaucoup de sympathies. Beaucoup d'employés ont été soulagés quand il a assuré vouloir aller au terme de son mandat expirant en 2010. Certains redoutaient déjà que l'Indien Anshu Jain, chef de l'investment banking résidant à Londres, prenne des leçons d'allemand pour lui succéder. Hier le président a calmé l'opinion, disant : "Anshu ne parle pas l'allemand et ne l'apprend pas non plus".