C’est la surprise du chef. Bernard Delvaux quittera l’entreprise aéronautique Sonaca, dont il était le patron, après treize ans passés au sein du groupe, a-t-il annoncé hier matin. Il délaissera ses fonctions le 1er septembre, au profit de l’actuel directeur commercial Yves Delatte, qui a rejoint la société wallonne en 2012. Mais où partira le natif de Seraing ?

Un colosse de la construction

Le futur ex-CEO de la Sonaca va rejoindre le géant belge des matériaux de construction Etex. Un géant ? Un colosse plutôt avec ses 13 000 emplois et son chiffre d’affaires de près de 3 milliards d’euros, répartis à travers une centaine d’usines dans une quarantaine de pays.

Si l’information n’a ni été confirmée, ni infirmée par la direction du constructeur, il nous revient que le personnel d’Etex a été informé, en interne et en soirée, de l’arrivée prochaine de Bernard Delvaux comme CEO.

De l’aviation à la construction, le défi est de taille pour le Liégeois qui se contentera de nous dire qu’il quitte l’entreprise belge pour devenir CEO “d’un grand groupe industriel, pas spécialement actif dans l’aviation”. “Je ne peux pas encore dévoiler le nom de mon futur employeur... Mais à mon âge et avec mon expérience, c’est un challenge que j’ai envie de relever, explique-t-il. Je vais prendre un peu de vacances cet été, mais le but est d’accompagner mon successeur jusqu’à la transition”.

“Un acteur mondial incontournable”

De son côté, le conseil d’administration de la Sonaca a tenu à “remercier Bernard Delvaux pour sa contribution au redressement et à l’expansion du groupe”. “Bernard Delvaux a transformé le groupe pour en faire un acteur mondial incontournable dans le domaine du développement et de la production de structures d’avions, tous clients confondus”.

Reste que le pilote Delvaux quitte le cockpit de la Sonaca en pleines turbulences. L’entreprise, basée à Gosselies et qui emploie 3 400 personnes, vient sans doute de vivre la pire année de son histoire. Comme tout le secteur aéronautique en général, dévasté par la crise du Covid-19.

Réduction du personnel

Pourtant l’ancien cadre de bpost estime que l’entreprise wallonne est prête pour un “futur fructueux”. “Nous sommes un secteur qui a été terriblement touché par la crise du Covid et ses conséquences, explique Bernard Delvaux. On fabrique beaucoup moins d’avions qu’il y a deux ans et cela va durer un certain temps encore. Il a fallu s’adapter et, malheureusement, fermer des usines en Chine et aux États-Unis. On a réduit notre personnel très significativement et on a toujours du chômage économique en Belgique, mais on a les liquidités suffisantes pour les années à venir. Il y a une belle perspective de croissance avec des volumes qui vont revenir progressivement”.

En 2020, l’équipementier wallon a vu son chiffre d’affaires se réduire de près de 50 %, à environ 430 millions d’euros. Dans ses usines à l’étranger, la Sonaca a dû procéder à des licenciements massifs, de l’ordre de 1 500 personnes sur un total de 3 000 pour ses implantations aux États-Unis, au Brésil, au Mexique, au Canada et en Roumanie.

Bernard Delvaux se dit toutefois fier de n’avoir connu “aucun conflit social” d’envergure lors de ses années à la tête de la Sonaca. “On a toujours été transparents avec les syndicats qui partageaient les mêmes objectifs que nous, poursuit l’ancien de Belgacom. Tout au long de ces années, j’ai eu la chance de travailler aux côtés de nombreux collaborateurs du groupe, partout dans le monde. J’ai apprécié leur énorme expertise du secteur de l’aviation et leur formidable enthousiasme.”