La société française Degrémont, filiale de Suez Environnement, l'a annoncé dimanche dans un communiqué, juste après sa signature : en consortium avec le groupe belge Besix, ils ont remporté un contrat d'environ 800 millions de dollars pour l'usine de réutilisation des eaux usées du programme immobilier de Jumeirah Golf Estates à Dubaï (Emirats Arabes Unis). Situé à 22 km au sud-ouest du centre d'affaires, ce programme représente quasiment une ville nouvelle avec quartiers résidentiels et parcours de golfs, qui seront irrigués par les eaux recyclées traitées par la nouvelle usine.

Ce contrat, dont la part de Degrémont atteint 54 pc (soit 430 millions de dollars), pour 46 pc au groupe Besix (370), porte sur la conception, la construction et l'exploitation pendant dix ans de l'usine. Il comporte également l'installation et l'exploitation d'un réseau de collecte des eaux usées et de distribution d'eau traitée de près de 40 kilomètres.

Ce contrat touche en réalité deux domaines d'activité différents. "Il s'agit de génie civil, qui sera réalisé par Six Construct, la société de construction du groupe au Moyen-Orient, explique Philippe Quoilin, administrateur-délégué de Besix International, mais également de conception du process, montage électromécanique et maintenance qui seront réalisés pour partie par Degrémont (près de 3/4), pour partie par Besix-Sanotec (plus d'1/4), spécialisée dans le traitement des eaux." Jusqu'il y a peu, cette dernière était cantonnée au marché belge. "Vu le boom au Moyen-Orient, ajoute-t-il, on l'a ouverte aux possibilités de ce marché." D'abord en association avec Six Construct. "La stratégie est d'offrir un package complet là où nous sommes actifs, c'est-à-dire au Moyen-Orient, au Maghreb et en Afrique centrale. On peut imaginer que Sanotec réponde un jour seul aux appels d'offres, mais tel n'est pas le but." Une évolution... enrichissante : "En 2006, le chiffre d'affaires de Sanotec tournait autour des 10 millions d'euros. Cette année, il atteindra 30 millions et entre 50 et 60 l'an prochain, note Philippe Quoilin. L'objectif est d'en avoir un récurrent de 100 millions par an."

Ancrage

En signant ce contrat, tant Suez Environnement que Besix confirment leurs positions dans les Emirats. Le premier rappelle dans son communiqué les contrats de Doha West et Lusail au Qatar pour la conception, la construction et l'exploitation d'usines de traitement des eaux usées et l'usine de dessalement de Barka 2 à Oman. Pour Besix, présent depuis 40 ans dans cette partie du monde, la liste est plus longue avec une vingtaine de projets. Rien qu'à Dubaï, le groupe belge pointe le pont d'accès à la seconde île en forme de palmier (après avoir déjà construit celui de la première île), quatre tours, dont la plus grande du monde (plus de 700 mètres), et, dans le voisinage, une de 300 m et deux de 180 m, un pont de 2 x 7 bandes au-dessus d'un bras de mer... Sans parler de ceux qu'il a au Qatar, à Abou Dhabi et à Oman.

Si c'est la première fois que Besix s'associe à Suez sur un projet, "ce n'est pas la première fois que nous tentons l'association" conclut Philippe Quoilin qui évoque un projet avec une autre filiale, OTV. Et sans doute pas la dernière non plus, des stations de dessalement d'eau de mer étant dans le pipeline.