Les soupçons de fraude fiscale et de détournement de fonds qui pèsent sur le nouveau propriétaire de Blokker Belgique viennent troubler les relations déjà compliquées avec les représentants du personnel.

Le parquet de La Haye mènerait une enquête pour "non-paiement de la taxe sur le chiffre d'affaires, détournement de fonds, blanchiment d'argent et fraude" dont devra répondre devant le juge Dirk Bron (59 ans), le nouveau propriétaire de la chaîne de magasins Blokker en Belgique, a indiqué mardi De Telegraaf. Pour l'heure, aucune date d'audience n'a encore été fixée.

Michiel Witteveen, propriétaire de Blokker, a fait valoir que la reprise des 123 magasins et des 670 employés, par Dutch Retail Groep pour un montant non communiqué, avait été organisée "avec soin".

La vente de cette enseigne, déficitaire depuis de nombreuses années, a soulevé de nombreuses questions car presque personne n'avait jamais entendu parler de cet homme avant l'opération, dixit le quotidien néerlandais. Sauf la police de Gouda qui, il y a plus de trois ans, l'avait interrogé pendant plusieurs jours.

Il y a quelques mois, son téléphone portable a été mis sur écoute et des inspecteurs de La Haye ont suivi ses appels téléphoniques concernant le commerce, entre autres, de dizaines de milliers de boxers Björn Borg en provenance de Turquie, qui ont été payés en espèces, et d'une cargaison de tongs espagnoles volées, d'une valeur de 250.000 euros.

Déjà maintenus dans le flou quant à la transformation des magasins Blokker en enseignes Mega World, ces démêlés judiciaires inquiètent de plus en plus les syndicats.

Depuis les révélations du Telegraaf, les syndicats belges tentent désespérément de rencontrer et en urgence la nouvelle direction et le propriétaire du groupe Blokker, Michiel Witteveen, "afin d’éclaircir toutes ces zones d’ombre qui pèsent sur l’entreprise et in fine, l’avenir du personnel", précise le Setca. "À l’heure actuelle, nous n’avons pas encore obtenu la moindre réaction. A défaut de réaction de leur part à brève échéance, nous serons contraints d’envisager d’autres moyens d’actions", fait savoir le syndicat socialiste.