Réuni aux Etats-Unis, le conseil de surveillance de BMW doit désigner jeudi un successeur à son patron Harald Krüger pour le printemps prochain, chargé de combler le retard du groupe dans la voiture électrique.

Aux manettes du constructeur bavarois depuis 2015, M. Krüger, 53 ans, avait annoncé début juillet qu'il ne comptait "pas renouveler son contrat", qui court jusqu'à fin avril 2020, ouvrant les spéculations sur cette transition. La conduite du groupe automobile devrait se jouer entre deux purs produits de BMW, le responsable de la production Oliver Zipse, 55 ans, et le chef du développement Klaus Fröhlich, 59 ans.

La politique d'âge du groupe, bien que "non écrite et pas toujours respectée", pourrait avantager le premier, observe l'agence allemande DPA, puisque BMW envoie généralement ses hauts dirigeants à la retraite à 60 ans. Comme la réunion se tient dans l'usine BMW de Spartanburg, au sud-est des Etats-Unis, la décision devrait intervenir tard jeudi.

Transition électrique

Le nouveau patron aura pour principale tâche d'accélérer la transition électrique, défi posé à l'ensemble du secteur et particulièrement aigu pour les groupes allemands qui ont tardé à en prendre la mesure.

BMW avait pourtant été parmi les premiers constructeurs à proposer une voiture 100% électrique avec la citadine i3 présentée fin 2013. Il a ensuite perdu son avance alors même que cette motorisation devenait incontournable, d'autant que les groupes doivent réduire rapidement les émissions de CO2 des voitures pour respecter des limites imposées par l'UE à partir de 2020.

48 000 voitures électriques depuis janvier

Au cours des cinq premiers mois de l'année, BMW a vendu quelque 48 000 voitures électrifiées, soit 2% de plus que sur la même période en 2018 -- mais ces modèles représentent moins de 5% du bon million d'unités vendues au total par le groupe. M. Krüger a promis fin juin d'accélérer la mise sur le marché des voitures électriques, annonçant 25 modèles d'ici 2023, soit deux ans plus tôt qu'annoncé.

Côté résultats, M. Krüger a dû présenter des résultats annuels décevants, annonçant pour 2019 un "net recul" du bénéfice imposable, dans un contexte de baisse des marges en raison de la hausse des investissements et des coûts.

Une provision de 1,4 milliard d'euros dans le cadre d'une enquête anticartel européenne avait divisé par quatre le bénéfice net au premier trimestre.