Le géant allemand du voyage TUI et le constructeur aéronautique américain Boeing se sont accordés sur une série de mesures supplémentaires pour compenser les conséquences du maintien au sol des appareils défectueux 737 MAX, a indiqué le tour opérateur dans un communiqué mercredi. 

Si les détails de l'accord sont confidentiels, TUI doit toutefois recevoir un dédommagement qui couvre "la majeure partie des dommages subis". Ces mesures incluent également des crédits pour des commandes ultérieures d'avions. Cette indemnisation se fera "progressivement sur les deux prochaines années", précise l'entreprise allemande.

Le calendrier de livraison des 61 avions 737 MAX commandés par le tour opérateur est également revu, avec un retard de plusieurs années. La mesure offrira une bouffée d'oxygène à TUI pour gérer la crise économique provoquée par le nouveau coronavirus.

Le Boeing 737 MAX, avion vedette et central dans la survie à moyen terme du constructeur, est cloué au sol depuis plus d'un an pour des raisons de sécurité après deux accidents ayant fait 346 morts.

La remise en service de l'aéronef n'est pas imminente: le groupe américain doit encore obtenir le feu vert des autorités de l'aviation civile sur les modifications effectuées, notamment sur le logiciel anti-décrochage MCAS mis en cause dans les accidents. Boeing a repris fin mai la production mais les incertitudes planent sur la reprise des livraisons.

TUI, un des plus gros clients européens du 737, avait en mars 15 exemplaires du MAX dans sa flotte et devait en recevoir huit supplémentaires en 2019. Avec l'accord, il recevra ces prochaines années moins d'appareils Boeing que prévu, alors que le groupe veut réduire la taille de la flotte de ses cinq compagnies aériennes européennes en réaction à la pandémie.

TUI a annoncé mi-mai qu'il comptait supprimer 8.000 de ses 70.000 postes dans le monde et a fait état d'une perte nette de 764 millions au deuxième trimestre de son exercice décalé, de janvier à mars, sur fond de baisse de 10% du chiffre d'affaires. Confronté à l'arrêt quasi-total de ses activités depuis mars, le voyagiste a bénéficié en avril d'un prêt d'urgence garanti par l'Etat allemand à hauteur de 1,8 milliard d'euros.