Le constructeur aéronautique avait déjà prévenu en juillet qu'il ne produirait plus que six de ces appareils long-courrier par mois en 2021 contre dix actuellement et il avait alors évoqué la possibilité d'en cesser la fabrication à l'usine d'Everett (Washington, nord-ouest).

Boeing dit être encore en train d'évaluer les conséquences de cette décision pour l'emploi.

Environ 900 salariés travaillent sur le programme du 787 à l'usine d'Everett, qui accueille en temps normal 30.000 employés au total.

"Pendant des mois, les équipes ont étudié les options, mobilisé toutes les parties prenantes, y compris les syndicats, et pris en compte un certain nombre de facteurs, notamment la logistique, l'efficacité et la santé à long terme de notre système de production", a souligné le chef de la division des avions commerciaux Stan Deal, dans un message aux employés.

"Il est devenu clair que la consolidation sur un seul site de production 787 en Caroline du sud nous rendra plus compétitifs et efficaces, nous permettra de mieux positionner Boeing en ces temps difficiles et de gagner de nouveaux contrats", a-t-il ajouté.

Le groupe américain était déjà englué dans la crise du 737 MAX, son avion monocouloir vedette interdit de vol depuis mars 2019 après deux accidents mortels, quand le Covid-19 a fait plonger les ventes de billets d'avion. Les compagnies aériennes ont suspendu en masse leurs commandes.

Boeing avait commencé à fabriquer des 787-8 et 787-9 dans son usine d'Everett en 2007, avant d'ouvrir une ligne de production à North Charleston, en Caroline du sud, en 2010.

Seul ce deuxième site peut construire les modèles plus larges du 787-10, justifie Boeing jeudi.

L'avionneur n'y a pas non plus à faire face au puissant syndicat des machinistes et travailleurs de l'aviation, les employés ayant refusé en 2017 de s'y syndicaliser.

Les équipes basées à Everett continueront de travailler sur les avions 737, 747, 767 et 777.