Boeing devrait publier ses résultats du deuxième trimestre ce mercredi 24 juillet. Après un début d'année désastreux, impactée par la crise du 737 Max, l'avionneur va devoir convaincre ses investisseurs de la pertinence d'un nouveau scénario qui pourrait, qui devrait permettre un nouvel envol au groupe. Un scénario qui table sur une reprise des vols au début du quatrième trimestre. Rien de concret mais une projection puisque, 'à l'heure actuelle, l'interdiction de voler pour les 737 Max est toujours en vigueur.

Le groupe a en effet arrêté ma livraison de ses appareils, mais non la production d'un des avions les plus vendus de sa flotte. Plus tôt ce mois-ci, Boeing a annoncé avoir livré 90 avions commerciaux au cours du deuxième trimestre, contre 149 au premier trimestre. Cependant, Boeing a continué à fabriquer des 737 à un rythme de 42 par mois, contre 52 au début de 2019, afin d'éviter des dommages à long terme à sa chaîne d'approvisionnement. Cela signifie que 737 de la production a probablement dépassé les livraisons de plus de 100 unités au dernier trimestre. Cela seul représenterait un obstacle de trésorerie de plusieurs milliards de dollars pour Boeing.

Notons que Boeing reçoit l'essentiel du prix d'achat des appareils vendus lors de la livraison. Par conséquent, la mise à terre du 737 MAX exercera une pression importante sur le flux de trésorerie disponible et le bilan de la société. Conscient de ce problème, Boeing a émis une nouvelle dette à la fin avril pour renforcer ses liquidités. Cependant, avec le clouage au sol du 737 MAX qui devrait durer plus longtemps que prévu, le géant de la construction aéronautique pourrait devoir envisager de mobiliser encore plus de dette au cours des prochains mois. Les livraisons plongent - et les flux de trésorerie disponibles pourraient devenir négatifs.

Autre point noir dans la comptabilité du groupe : les coûts des dédommagements aux victimes de ces crashs. Mais le groupe pourrait parvenir à un règlement avec les familles des victimes du premier crash du 737 MAX dès le mois prochain, selon le Wall Street Journal. Le coût est susceptible d'être substantiel. Il faudra probablement plus de temps pour parvenir à des accords avec les autorités de réglementation, les clients et les familles des victimes du second accident, mais ces engagements représentent un passif encore plus important que Boeing devra gérer au cours des prochaines années. 

En attendant, et pour éviter une chute des investissements et une perte colossale de son chiffre d'affaires, Boeing devra convaincre. Réponse, dans 48 heures ...