Entre 270 000 et 280 000 personnes ont souscrit à la dernière émission de Bons d’Etat, un engouement sans précédent qui a dès lors permis à l’Agence de la Dette de récolter 5,729 milliards d’euros, soit un chiffre qui, à lui seul, est de loin supérieur à l’encours total des bons d’Etat déjà entre les mains des particuliers.

Sur la seule journée de vendredi, le montant de la souscription a même atteint 1,51 milliard d’euros, confirmant l’effet d’entraînement qui s’est accentué au fil des jours. Lors de la première journée de souscription, 190 millions d’euros avaient été récoltés, dont 140 millions pour le seul bon à cinq ans.

Sans surprise, c’est donc le bon à cinq ans qui a récolté l’essentiel des suffrages sur toute la période de souscription : il a à lui seul amassé la somme de 4,714 milliards, soit quelque 82 % de l’ensemble de la souscription.

Pourquoi un tel succès, alors que les bons à trois et à huit ans n’ont pu que récolter les miettes ? Le taux annoncé du bon à cinq ans affichait un joli 4 %, de quoi attiser l’intérêt des épargnants, alors que le bon à trois ans devait se contenter de 3,50 %. Le bon à huit ans était certes un peu plus généreux (4,20 %), mais il s’agissait d’une durée bien plus longue.

Le maintien du précompte à 15 % pour cette émission a-t-il aussi joué ? Sans doute. Il n’en reste pas moins que 700 millions avaient été récoltés à la veille de l’accord gouvernemental, alors que les discussions envisageaient encore de porter le précompte à 21 %. Bref, la pompe était déjà enclenchée, et l’écho réservé par les médias à cette souscription a sans doute eu, aussi, un effet d’entraînement sur les souscriptions ultérieures.

L’Agence de la Dette a donc récolté bien plus d’argent qu’elle ne le pensait. Elle a même quelques milliards de trop par rapport à ses besoins de financements immédiats. Cela lui permettra de devoir moins emprunter en 2012 sur les marchés, puisqu’elle a déjà constitué un petit bas de laine. Ses besoins de refinancement pour 2012 sont de l’ordre de 40 milliards d’euros.

Le succès sans précédent de l’émission de décembre 2011 va aussi susciter pas mal de réflexions de la part des acteurs concernés. Si les Belges devaient continuer à investir à coup de milliards dans les bons d’Etat - alors qu’ils les boudaient voilà un an - cela redistribue totalement les cartes pour la gestion de la dette belge puisque l’Etat pourrait compter plus que par le passé sur l’épargne domestique.

L’Agence de la Dette étudie aussi la possibilité de lancer des bons d’Etat en dehors des périodes traditionnelles (décembre, mars, juin et septembre), lorsque le besoin s’en ferait sentir.

C’est dire si cette émission a ouvert de nouveaux horizons.