Les exportations françaises de vins et spiritueux ont connu un excellent début d'année grâce, notamment, au redressement des bordeaux. Sur les cinq premiers mois de 2006, elles progressent de 18,6 pc en valeur par rapport à la période correspondante de 2005, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS). Pour le 1 er semestre, celle-ci table sur des exportations proches de 4 milliards d'euros. Le record historique de 2003 (7,81 milliards) pourrait donc être battu à la fin de l'année si la tendance se poursuit.

«Ce bon démarrage de l'année est surtout dû au cognac, au champagne, à la vodka, mais aussi aux grands crus de bordeaux 2005 qui a été un très bon millésime», a souligné Renaud Gaillard, directeur général adjoint de la FEVS. Pour lui, la bonne nouvelle réside surtout dans le fait que «la France, qui a toujours été excellente dans les vins très haut de gamme, redevienne compétitive dans la gamme moyenne».

La situation, suivant les régions viticoles, est toutefois très contrastée. Alors que les bordeaux connaissent, pour les cinq premiers mois de l'année, une progression étonnante (+40,9 pc en valeur), tout comme les côtes du Rhône et les cahors, les bourgognes et les vins d'Alsace doivent se contenter d'une progression modérée (moins de 10 pc), d'autres régions comme le Val de Loire, le Bergerac, le Beaujolais et le Languedoc-Roussillon continuant à souffrir (progressions négatives). Le champagne - porté par les Asiatiques, notamment les Chinois - poursuit son ascension (+21,6 pc en valeur et +13,3 pc en volume).

Succès du cognac

Même si tous les continents progressent, ce qui n'était plus arrivé depuis 2003, c'est l'Amérique de Nord qui tire le plus la croissance (+40 pc en valeur). Ce phénomène est dû au succès toujours aussi grandissant du cognac (+21,5 pc). Mais aussi à l'accueil reçu aux Etats-Unis par les vodkas françaises haut de gamme, comme «Grey Goose» produite en Charente par le groupe américain Bacardi qui a conquis outre-Atlantique la place de leader dans ce créneau hautement rémunérateur.

© La Libre Belgique 2006