Classique, équilibré, élégant. C'est ainsi qu'Alain Vironneau, président du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux) qualifie le millésime 2007. Ces adjectifs pourraient s'appliquer également à la situation économique de la production vinicole bordelaise. Comme en 2006, les viticulteurs de la région de Bordeaux ont récolté près de six millions d'hectolitres du divin breuvage.

La récolte a atteint 5,7 millions d'hectolitres, contre 5,9 millions en 2006, soit une légère baisse de 4 pc. "Nous sommes désormais parvenus à un équilibre des volumes mis chaque année en marché au regard de la demande", s'est félicité Alain Vironneau, lors d'une conférence de presse organisée vendredi matin à Bruxelles. "Nous avons aussi résorbé les niveaux de stocks excessifs. Cette réduction de l'offre, par des mesures conjoncturelles et de gestion, notamment sur les rendements, a donc porté ses fruits."

Chez nous : 3,60 € la bouteille

Bordeaux a donc enfin mangé son pain noir. Pour rappel, au cours des dernières années, la première région viticole mondiale a dû prendre des mesures draconiennes en vue de limiter la production. Auparavant, l'offre en vins issus du vignoble bordelais était telle que, par l'effet de la loi de l'offre et de la demande, les prix restaient au plancher. De nombreux viticulteurs se trouvaient en difficulté. Il fallait donc limiter l'offre et recentrer la production sur la qualité. Des décisions douloureuses ont été prises. Il a même fallu aller jusqu'à l'innommable : l'arrachage de pieds de vigne ! Quelque 1 000 hectares ont encore été arrachés l'an dernier, après 1 200 hectares en 2006 et 1 650 hectares en 2005. Heureusement, 2007 était en principe la dernière année de ce triste arrachage imposé par la trop faible demande au regard de l'abondance de l'offre.

Une trop faible demande qui s'illustre par les chiffres relatifs aux exportations bordelaises en Belgique. En 2007, notre pays a importé 318 800 hectolitres de vins de Bordeaux (16,5 pc des exportations bordelaises), soit une baisse de 2 pc par rapport à l'année précédente. Toutefois, les Belges ont acheté des vins plus chers puisque le chiffre d'affaires de ces exportations bordelaises est en hausse de 10 pc, à 153 millions d'euros, selon le CIVB.

Bilan carbone du Bordeaux

Un rapide calcul permet de situer le prix de la bouteille de vin bordelais achetée en Belgique à quelque 3,60 €. C'est dans les vins rouges que la baisse de la consommation belge s'est produite : 261 400 hectolitres de rouge ont été écoulés chez nous (- 2 pc), tandis que 57 400 hectolitres de blanc (+ 3 pc) sont arrivés dans notre pays. En volumes, la Belgique reste le 2e pays d'exportation du Bordeaux, derrière l'Allemagne (327 000 hectolitres) et devant le Royaume-Uni (281 000 hectolitres). En valeur, notre pays vient en 3e position, derrière le Royaume-Uni (235 millions d'euros) et les États-Unis (196 millions), mais devant l'Allemagne (126 millions).

Cette année, conscientisation environnementale oblige, le CIVB mettra l'accent sur la lutte contre le réchauffement climatique. Il a lancé en février 2008 un plan destiné à établir le "bilan carbone" de la filière des vins de Bordeaux, ce qui permettra, à l'avenir, de définir des pistes pour réduire les gaz à effet de serre de la filière. Quoi de plus naturel, pour Bordeaux, de penser à la... santé de la planète ?