Bordeaux en crise, Bordeaux qui fait grise mine face à des productions du Nouveau Monde qui ont le vent en poupe, une région tirée par ses seuls grands châteaux, du passé ? Le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIBV) est optimiste. Et son nouveau président, Alain Vironneau, a profité de son passage vendredi à Bruxelles pour faire un état des lieux de la situation actuelle.

Le Plan Bordeaux, élaboré par l'ensemble de la profession pour sortir de la crise, qui a débuté en 2003 et a atteint sa vitesse de croisière l'année suivante, porte ses fruits. Premier point : la distillation se révèle "satisfaisante". L'an dernier, 185 600 hl de vin ont été distillés à Bordeaux. "Cette année, la distillation de 368 000 hl va permettre la résorption d'une partie des stocks qui pèsent sur les cours des bordeaux", a précisé Alain Vironneau.

Deuxième point : l'arrachage volontaire et "aidé" a porté sur 1 650 ha sur la campagne 2005-2006 et 1 200 ha sont prévus pour cette campagne. Selon le responsable, les entreprises de grande taille sont nettement plus courantes qu'avant.

Troisième point : les rendements par ha ont été limités à environ 50 hl/ha, contre 55 à 60 hl il n'y a pas si longtemps. Enfin, la réforme de l'agrément des vins d'appellation d'origine suit son cours sur base d'un principe élémentaire : celui qui fait le vin n'est pas celui qui le contrôle. "L'objectif étant d'agréer des lots de plus en plus fractionnés, au plus près de leur commercialisation", selon Alain Vironneau. Tous les lots seront bientôt contrôlés et de façon indépendante plutôt que par la profession. Beaucoup d'appellations renforcent ainsi les dispositifs existants, comme le Syndicat Médoc-Haut Médoc, celui des Graves, etc.

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En tout, quatre points pour tourner la page et repartir du bon pied, pour augmenter la qualité et réduire la quantité de façon à coller à ce qui peut être commercialisé, à savoir 5,6 millions d'hl (avant, on produisait près de 6 millions d'hl) pour un total de 3 milliards d'euros. Dont 30 pc à l'exportation où l'on retrouve la Belgique, premier pays en volume et troisième en valeur derrière le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Pratiquement, entre le 1er août 2005 et le 31 juillet 2006, ce sont 339 000 hl qui ont pris le chemin de la Belgique pour un chiffre d'affaires en hausse de 10 pc à 138,4 millions. Avec des vins rouges en hausse de 2 pc et des blancs en baisse de 8 pc.

En attendant, "le millésime 2006 donne des vins classiques et de bon potentiel".

© La Libre Belgique 2007