Le premier équipementier automobile mondial Bosch a inauguré ce lundi une nouvelle usine de semi-conducteurs en Allemagne, au moment où ces composants font cruellement défaut aux constructeurs et où l'Europe tente de rattraper son retard sur les concurrents asiatiques.

"Nous démarrons la production six mois plus tôt que prévu" pour certains composants, a annoncé le patron Volkmar Denner lors de la présentation du nouveau site de Dresde, dans l'est de l'Allemagne.

Le démarrage de la fabrication est particulièrement attendu par l'industrie automobile, l'un des principaux secteurs affectés par les perturbations de la chaîne d'approvisionnement, qui recevra en septembre les premières livraisons de l'équipementier.

Depuis des mois, la production de ces pièces miniatures qui permettent de stocker une grande quantité de données, dans des produits allant des téléphones portables aux avions en passant par les voitures, est déstabilisée par la forte demande en électronique et une reprise plus rapide que prévu de l'économie.

Fabriquant principalement des composants pour ses propres produits, Bosch "peut contribuer" à réduire la pénurie mais reste lui-même "dépendant de fournisseurs", a souligné M. Denner.

"Comme dans toute situation tendue, chaque pièce produite supplémentaire aide", explique à l'AFP Jens Fabrowsky, responsable des activités semi-conducteurs à la direction de Bosch.

Doubler la production européenne

Le groupe s'attend à "des mois encore difficiles" sur le plan de l'approvisionnement, selon son directeur, avec "une baisse de la pression au deuxième semestre".

Les effets de la pénurie ont forcé plusieurs constructeurs automobiles européens et américains à ralentir leur production. Les besoins ont également mis en lumière la dépendance de l'Europe aux fournisseurs asiatiques.

Bosch a obtenu quelque 140 millions de subventions dans le cadre d'un projet européen dédié. L'UE ambitionne de produire 20 % des semi-conducteurs dans le monde d'ici à 2030, soit un doublement de sa part actuelle.

Lors de l'ouverture virtuelle de l'usine lundi, la commissaire européenne Margrethe Vestager, chargée de la concurrence, a salué une contribution à la "compétitivité" européenne en tant que "berceau de l'innovation".

A terme, 700 employés, contre 250 actuellement, travailleront dans l'usine, implantée au coeur de la "Silicon Saxony", pôle technologique d'envergure internationale situé autour de Dresde, cité baroque de l'est du pays.