Le groupe espagnol de BTP (bâtiment et travaux publics) Sacyr Vallehermoso, humilié à l'assemblée générale d'Eiffage - il n'avait obtenu aucun siège au conseil d'administration malgré ses 33,32 pc - a annoncé une offre d'achat du numéro 3 français pour une valeur de 6,5 milliards d'euros. L'offre n'entraînera pas de suppressions d'emplois, a affirmé, hier, le pdg de Sacyr, Luis Del Rivero, lors d'une conférence de presse à Paris.

Le groupe espagnol a proposé d'échanger cinq actions du français contre 12 actions Sacyr de nouvelle émission, une offre publique d'échange (OPE) d'une valeur de 6,5 milliards d'euros. Cette attaque du "petit" Sacyr (16 000 employés, 4,684 milliards d'euros de chiffre d'affaires) sur le "gros" Eiffage (56 400 employés et 10,745 milliards) "fait suite au coup d'Etat de Jean-François Roverato (président d'Eiffage) qui a dénaturé le fonctionnement de l'AG" de mercredi, a affirmé une source proche du dossier. "Hier (mercredi), on est sorti de la légalité et du raisonnable", a-t-elle ajouté, faisant référence à l'invalidation d'une partie des droits de vote des actionnaires espagnols d'Eiffage pendant l'assemblée générale. Eiffage réunira son conseil d'administration, lundi, pour se prononcer sur l'offre de Sacyr, a déclaré le groupe français. "Un communiqué sera diffusé à l'issue de cette réunion", a-t-il ajouté, sans plus de précisions. Par ailleurs, une source proche d'Eiffage estime que Sacyr, au lieu de lancer une OPE, aurait dû faire une OPA "au prix de 129,50 euros, qui est le dernier cours d'achat par un des membres du bloc" d'actionnaires espagnol. "Ils ont fait une OPE parce que cela leur coûte moins cher, mais réglementairement, ils auraient dû faire une OPA. On attend la décision de l'Autorité des marchés financiers sur la conformité de l'offre."

"C'est une vraie fausse offre", estime un analyste. "Les actionnaires ne vont sans doute pas aimer cette offre d'échange qui ne propose pas de prime" par rapport au cours de l'action de mercredi (111,50 euros) et pas de cash. (AFP)