Libre Eco week-end | La start-up de la semaine

Multiplier la durée de vie de vos balles de tennis et de padel par trois, c’est la promesse de la start-up belge Bounce.

C’est après une partie de tennis qu’Antoine Wouters, en charge du marketing, et Gregory Merguerian, le CEO, s’interrogent sur la consommation des balles de tennis alors qu’ils doivent à nouveau en racheter. Deux aspects ressortent de leur conversation : l’écologie et l’économie.

Chaque année, 350 millions de balles de tennis sont produites, dont 3 millions uniquement en Belgique. Pour une partie de tennis par semaine, en jouant deux fois avec les mêmes balles, un joueur de tennis dépense environ 169 euros et produits 6 kg de déchets sur une année. "Notre solution permet de réduire les dépenses à 56 euros et à 2 kg de déchets produits par an", expliquent les entrepreneurs.

Le tennis est un des sports les plus polluants au monde à cause des balles qui perdent leur pression, soit lorsque vous la frappez lors d’un jeu, soit avec le temps tout simplement. "Or, il faut 2 500 ans pour qu’une balle de tennis se dégrade et seul 0,5 % des balles sont recyclées dans le monde", ajoute Antoine Wouters.

Ni une ni deux, les cofondateurs passionnés de ce sport se lancent pour objectif de rendre le tennis et le padel écoresponsables. Ils sont rejoints par leur coéquipier Maxime Sohet, diplômé en ingénieur civil, pour développer leur produit. La solution ? Augmenter la durée de vie des balles en recréant un environnement de tube de balles neuves grâce à un innovant repressuriseur. "C’est un tube hermétique dans lequel on glisse quatre balles auxquelles on redonne un coup de pression grâce à un système de pompe à air", détaille Antoine Wouters. Un produit développé à la base par un ingénieur français auprès de qui ils ont acquis une licence d’exclusivité pour la Belgique et qu’ils vendent au prix de 34,95 euros.

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Un produit (aussi) pour les écoles

Les trois cofondateurs ne s’arrêtent pas là puisqu’ils réalisent qu’un autre marché est également disponible : celui des écoles de tennis pour qui les balles "représentent l’un des coûts les plus importants." Elles sont au nombre de 1 000 en Belgique. Cette fois, plus question d’un repressuriseur manuel. "Il s’agit d’une solution électronique qui permet de représuriser jusqu’à 80 balles à la fois", précise Gregory Merguerian. Le produit permet aussi de sécher les balles et les maintient à une température idéale.

Le prototype est prêt et devrait être mis en test dans quelques écoles du Brabant wallon dès que la situation sanitaire le permet puisque pour le moment les activités sportives sont mises à l’arrêt. "Après cette phase de test, on ajustera notre produit selon les retours du terrain", précise le CEO. La crise a donc retardé quelques projets. "Elle a aussi impacté négativement les ventes", confie Antoine Wouters. "Mais ça nous a permis aussi de nous focaliser sur cette nouvelle solution."

Pour le moment, la jeune pousse fonctionne sur fonds propres, bien qu’elle ait reçu un chèque entreprise de 18.000 euros de la part de la Région wallonne. Repérée par Décathlon, Bounce vient d’intégrer l’incubateur de start-up Jump avec qui elle est en train de travailler sur une levée de fonds. Le montant final de celle-ci n’est pas encore défini mais devrait s’approcher du million d’euros. Ce montant permettra aux entrepreneurs de créer leur propre tube, mais aussi d’industrialiser la solution B2B pour les écoles.

"2021 sera une année de transition pour nous", expliquent les cofondateurs. "L’objectif pour l’année prochaine est de conquérir le marché belge dans son entièreté avant de s’internationaliser", conclut Antoine Wouters.