Analyse

Un rebond technique ? Les marchés boursiers et l’euro ont repris hier une toute petite partie des lourdes pertes encaissées la semaine dernière sur des craintes liées à la santé de l’euro. Des craintes qui subsistent, d’évidence. Cette timide remontée n’est donc pas très convaincante. Evidemment, l’attitude des opérateurs qui imposent par leurs stratégies des tendances apparemment irrationnelles aux places de cotation n’est pas aisée à anticiper. Jusqu’à preuve du contraire, sous la forme d’une nouvelle offensive des spéculateurs, on peut toujours espérer un retour à la normale, si la norme existe en matière de marchés financiers. On rappelle souvent en Bourse que "les marchés descendent en ascenseur et remontent par l’escalier !"

En attendant, le bilan de cette reprise hebdomadaire reste mitigé. En Asie, les opérateurs ont tenté d’aligner leurs stratégies sur les chiffres affichés vendredi soir à Wall Street. Pour rappel, vendredi, Wall Street avait fini in extremis en hausse, à l’issue d’une séance extrêmement volatile : le Dow Jones avait gagné 0,10 % et le Nasdaq 0,74 % et le S&P 500 0,29 %.

Mais hier, au moment de la clôture des places européennes, le Dow Jones peinait visiblement à sortir du rouge, ce qui a d’évidence empêché les investisseurs les plus optimistes de continuer à ramasser des valeurs de premier plan. Pourtant, sur la semaine écoulée, on a noté des dépréciations importantes sur des valeurs peu liées à la santé de l’euro, comme celles du secteur de la distribution de l’agro-alimentaire ou du secteur pharmaceutique A la Bourse de Bruxelles par exemple, l’indice BEL 20, qui a pourtant profité du sursaut des actions Dexia, n’a progressé que de 0,40 % alors que la semaine passée, il a reculé de plus de 6 %. Au niveau européen, c’est finalement Paris qui s’en tire le mieux sur cette première séance, grâce à une reprise plus ferme qu’ailleurs des grandes composantes bancaires du CAC 40.

Et le grand malade du moment, l’euro ? Ici aussi, on a assisté à une reprise molle sans doute également justifiée par des opérations techniques. Après avoir fondu de 5 bons pour cent sur un mois, la devise européenne n’a finalement récupéré que quelques points lundi. Vendredi, l’euro avait chuté jusqu’à 1,3586 dollar, touchant un plus bas depuis le 20 mai 2009. Hier, il n’est parvenu que ponctuellement à redépasser le cap de 1,37 dollar. C’est que les opérateurs restent très attentifs au moindre signe de déclenchement d’une nouvelle ruée spéculative comme celle à laquelle on a assisté la semaine dernière. Les spéculateurs ont pour leur part mis un bémol à leurs opérations agressives, craignant une offensive commune de la part des pays européens en faveur des pays concernés par le dérapage de leur situation budgétaire. Les cambistes ont à ce propos été déçus du manque d’éléments en provenance du G7 qui s’est tenu ce week-end dans le grand nord canadien. Il n’est sorti de cette réunion volontairement discrète qu’un rappel de la volonté des pays concernés de soutenir avec fermeté les efforts de relance mis en place depuis le début de la crise. Mais les cambistes attendaient un geste fort en faveur de la Grèce. Or, de renflouement, il n’est toujours pas question. Mais, comme l’ont rappelé quelques chefs d’Etat européens ce week-end, la faiblesse de l’euro n’est pas forcément une mauvaise chose pour tout le monde.