Il sera remplacé par Sean Doyle, PDG d'Aer Lingus, d'après un communiqué. M. Cruz reste président non-exécutif du conseil d'administration pour une période de transition à la durée non précisée, puis sera là aussi remplacé par M. Doyle.

IAG n'a pas donné de raison précise pour ce départ mais le directeur général Luis Gallego, qui vient de prendre la suite du patron historique Willie Walsh, rappelle que le groupe traverse "l'une des pires crises de son histoire" et que ces "changements doivent l'aider à en émerger dans une position solide".

"Je veux remercier Alex pour tout ce qu'il a fait chez British Airways. Il a travaillé sans relâche pour moderniser la compagnie à l'approche de son 100e anniversaire. Depuis, il a mené la compagnie à travers une période particulièrement exigeante et obtenu des accords de restructuration avec la majorité des employés", a salué le directeur général d'IAG, Luis Gallego.

M. Cruz, lui, n'a fait aucun commentaire.

Le syndicat de pilotes de British Airways Balpa affirme ne pas être surpris par le départ de M. Cruz qui était selon lui déjà dans les tuyaux: "il a été chargé de couper les coûts et a estimé que c'était impossible à faire sans s'aliéner les passagers et les employés".

Mi-septembre lors d'une audition à la Chambre des Communes, il avait défendu les milliers de licenciements décidés dans la compagnie, faisant valoir que le Covid-19 avait "dévasté" l' entreprise et le secteur.

Gouffre financier 

"Nous luttons pour notre survie", avait-il insisté, rappelant que la compagnie accumulait les pertes deux fois plus vite que pendant la crise financière. En outre, l'action d'IAG est celle qui a le plus chuté depuis le début de l'année parmi tous les composants de l'indice FTSE-100.

En l'espace de quelques semaines, la pandémie a miné le trafic aérien mondial, entre confinement, quarantaines, peur d'attraper le virus en vol, et montée du télétravail.

Lors de cette audition au parlement britannique, le patron de British Airways avait précisé que 7.200 personnes avaient déjà quitté la compagnie et que le total des départs pourrait ne s'élever qu'à 10.000, au lieu des 13.000 annoncés.

Avec les départs de Willie Walsh et Alex Cruz, Balpa espère "une nouvelle ère qui verra British Airways redevenir la fière compagnie (porte-drapeau du Royaume-Uni) qu'elle était".

Si elle était rentable avant la pandémie, la compagnie traversait déjà des difficultés avec une grève historique de pilotes il y a un an, des problèmes informatiques importants qui avaient nui à sa réputation.

British Airways "avait déjà diminué largement son planning de vols, éliminé des milliers d'emplois et maintenant le directeur général Alex Cruz est le dernier en date à partir", relève Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Pour elle, Luis Gallego veut montrer qu'il "fera tous les changements nécessaires pour mener une reprise réussie du groupe".

Russ Mould, analyste chez le courtier en ligne AJ Bell, remarque que "British Airways se reposait historiquement sur les voyageurs d'affaires pour une large part de ses recettes" alors que M. Cruz a noté lors de son audition mi-septembre que le trafic de ces voyageurs très rentables risquait de ne pas retrouver son niveau d'avant la pandémie, avec l'habitude prise des video-conférences, bien moins coûteuses.

M. Doyle "va devoir trancher dans les prix pour attirer de nouveau les voyageurs d'affaires ou trouver de nouvelles manières de garder ses avions pleins quand (...) les conditions économiques s'amélioreront".

Alex Cruz était devenu PDG en avril 2016, après avoir dirigé à partir de 2009 la filiale Vueling "quand elle a fusionné avec Clickair", une compagnie qu'il avait fondée en 2006, précise le communiqué d'IAG.

Il avait démarré sa carrière chez American Airlines où il a passé 10 ans.

M. Sean Doyle est, quant à lui, entré chez British Airways en 1998 où il a occupé plusieurs postes financiers, stratégiques et commerciaux. Originaire de Cork, en Irlande, il est devenu directeur général d'Aer Lingus en janvier 2019.