Le choc a été total, vendredi, pour les 45 employés du British American Tobacco Coordination Centre (BAT) de Molenbeek. Lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, la direction de ce bureau bruxellois du deuxième plus gros producteur mondial de tabac (qui gère les marques Lucky Strike, Pall Mall, Kent...) a annoncé son intention de le fermer et de délocaliser les activités en Roumanie, où BAT possède un site.

Une procédure Renault de licenciement collectif est ouverte puisque BAT veut licencier 35 employés sur 45 dès juillet.

"Nous dénonçons l'hypocrisie de la direction. Depuis des mois, les organisations syndicales avaient remarqué des choses bizarres au sein de l'entreprise, comme l'écartement du directeur belge au profit d'un duo franco-britannique, des retraits de capitaux. Elles avaient interpellé deux fois la direction qui leur avait dit de ne pas s'inquiéter, que tout allait bien", explique Corinne Martin, permanente CNE en charge du dossier.

"Un cas typique de dumping social"

Vendredi, cette annonce de fermeture, non encore datée, du site molenbeekois a été un moment difficile pour le personnel, signale la syndicaliste. "Il y a eu des larmes, qui devraient faire place à la colère quand le choc sera passé."

Pour Corinne Martin, "on est clairement dans un cas typique de dumping social, avec une multinationale qui délocalise vers un pays à bas coûts, alors qu'elle n'a aucun problème financier. C'est une décision de business, d'actionnariat".

Le site de Molenbeek abrite des services financiers et de comptabilité. On y traite des factures, des litiges, des recouvrements et de la gestion de crédits. BAT exploite aussi un site à Grand-Bigard où l'on se charge du démarchage commercial et du suivi des clients.

"Le front commun syndical fera tout pour éviter les licenciements secs", annonce Corinne Martin. "Nous ne savons pas encore si, par exemple, une partie du personnel pourra être recasé à Grand-Bigard."